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Somnologie

Médicaments pour dormir et anxiolytiques : familles, risques et arrêt

Les familles de médicaments contre l’anxiété et l’insomnie, ce qui les distingue, leurs risques, la façon de les arrêter, et la page à ouvrir pour chaque médicament.

Mis à jour le Par la rédaction Somnologie

Verre d’eau et petit boîtier blanc à liseré corail posés côte à côte sur un fond bleu gris

L'essentiel

Un anxiolytique calme l’anxiété, un somnifère aide à s’endormir. Tous deux se prescrivent pour une durée limitée, après les approches sans médicament, et demandent l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Dans ce dossier

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Sommaire 12 parties
  1. Anxiolytique ou somnifère : est-ce la même chose ?
  2. Que faire avant de prendre un médicament ?
  3. Que sont les benzodiazépines, et lesquelles prescrit-on ?
  4. Zolpidem, zopiclone : des somnifères plus forts ?
  5. Donormyl, Atarax : que valent les antihistaminiques ?
  6. Anxiolytique ou antidépresseur : lequel traite quoi ?
  7. L'homéopathie et les plantes aident-elles à dormir ?
  8. Que trouve-t-on sans ordonnance ?
  9. Quels risques communs, avec l’alcool ou pendant une grossesse ?
  10. Comment arrêter un médicament pour dormir ou contre l’anxiété ?
  11. Quand consulter, et qui appeler ?
  12. Toutes les pages du dossier

Quand l’anxiété ne lâche plus ou que les nuits s’enchaînent, on cherche vite le comprimé qui apaise. C’est humain, et vous n’y êtes pour rien.

Ces médicaments existent et peuvent aider un temps. Cette page montre comment s’y retrouver, ce qu’il faut savoir avant d’en prendre, et où trouver le détail de chacun.

Anxiolytique ou somnifère : est-ce la même chose ?

Non : un anxiolytique soulage les symptômes de l’anxiété, un somnifère (ou hypnotique) facilite le sommeil. La HAS rappelle que toutes les benzodiazépines ne sont pas indiquées à la fois pour l’anxiété et pour l’insomnie.

Le tableau classe les familles par situation, avec la durée prévue par les autorités.

Situation Famille Exemples Durée prévue Source
Anxiété sévère ou invalidante Benzodiazépines anxiolytiques Seresta, Lexomil, Xanax, Temesta, Veratran 8 à 12 semaines au plus, arrêt compris HAS, ANSM
Insomnie sévère, occasionnelle ou transitoire Hypnotiques : benzodiazépines et apparentés Imovane, Stilnox, Havlane De quelques jours à 3 semaines (ANSM) ; 4 semaines au plus, arrêt compris (HAS) HAS, ANSM
Insomnie occasionnelle Antihistaminiques Donormyl 2 à 5 jours Vidal
Insomnie chronique de l’adulte Antagoniste de l’orexine, une substance du cerveau qui entretient l’éveil Quviviq La plus courte possible, réévaluation dans les 3 mois Vidal

Le détail de chaque somnifère est dans la page somnifère. La mélatonine a la sienne.

Que faire avant de prendre un médicament ?

Essayer d’abord ce qui agit sur la cause : pour l’insomnie, la HAS place les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) en première intention, c’est-à-dire d’abord. Pour l’anxiété, les traitements sans médicament doivent précéder les benzodiazépines.

La prescription d’un hypnotique vient en seconde intention, donc ensuite, dans une stratégie à court terme (HAS). L’ANSM rappelle qu’il y a rarement urgence à prescrire.

Les gestes du quotidien sont dans les pages insomnie, que faire et insomnie, la relaxation et la méditation.

Que sont les benzodiazépines, et lesquelles prescrit-on ?

Ce sont les somnifères les plus prescrits, avec leurs apparentés, et une grande famille d’anxiolytiques. En 2015, 13,4 % des Français en avaient pris au moins une, surtout contre l’anxiété, selon l’ANSM.

Parmi les anxiolytiques, l’ANSM liste Vératran, Seresta (oxazépam), Xanax (alprazolam), Temesta (lorazépam), Lexomil (bromazépam), Tranxène, Lysanxia, Valium (diazépam), Urbanyl et Victan. Parmi les hypnotiques, elle liste Havlane, Noctamide, Mogadon et Nuctalon.

Leurs effets indésirables sont connus : troubles de la mémoire, somnolence, troubles du comportement et chutes (HAS). Une dépendance est possible même sans facteur de risque, et l’ANSM la situe dès la troisième semaine pour sa part psychologique.

La HAS demande de ne jamais cumuler plusieurs benzodiazépines. L’usage récréatif fait partie des situations où elle conseille un suivi spécialisé.

Pour faciliter l’arrêt, le médecin peut parfois remplacer la molécule par le diazépam, après avoir vérifié le foie (HAS). Ce choix est le sien.

Zolpidem, zopiclone : des somnifères plus forts ?

Non : les données de la HAS ne permettent pas de conclure à une différence d’efficacité entre les molécules, pour un gain d’une vingtaine de minutes d’endormissement. La HAS ne chiffre que le temps d’endormissement : elle ne dit rien d’un sommeil plus profond.

Le zolpidem (Stilnox) et la zopiclone (Imovane) sont dits apparentés aux benzodiazépines, et parfois appelés « Z-drugs ». Ils partagent leurs limites : 4 semaines au plus, arrêt compris, dépendance possible, baisse de vigilance qui peut persister au matin (HAS).

Le zolpidem demande une ordonnance sécurisée, où le nombre de comprimés est écrit en toutes lettres (HAS). Des boîtes de 5 à 7 comprimés existent pour la zopiclone, le zolpidem et le nitrazépam (ANSM, 2025).

Donormyl, Atarax : que valent les antihistaminiques ?

Ce sont des médicaments d’abord utilisés contre l’allergie, dont l’effet sédatif aide parfois à dormir. Le Donormyl (doxylamine) s’obtient sans ordonnance, pour 2 à 5 jours, et le Vidal demande un avis médical si l’insomnie dure au-delà.

Ils ne sont pas anodins : le Manuel MSD déconseille ces antihistaminiques contre l’insomnie, et des cas d’addiction ont été rapportés avec la doxylamine (Vidal). Le Donormyl est contre-indiqué avant 15 ans, en cas de glaucome à angle fermé et de troubles de la prostate (Vidal).

L’Atarax (hydroxyzine) se prescrit pour les manifestations mineures d’anxiété chez l’adulte. Sa notice l’associe à un allongement de l’espace QT, une anomalie du rythme du cœur, et demande la dose la plus faible pour la durée la plus courte.

Anxiolytique ou antidépresseur : lequel traite quoi ?

Un anxiolytique soulage des symptômes ; le traitement de fond d’un trouble anxieux repose sur les psychothérapies et, surtout, les antidépresseurs (HAS). Les benzodiazépines ne traitent pas la dépression et peuvent en masquer les symptômes (ANSM).

Quand le trouble du sommeil vient d’une autre maladie psychique, certains antidépresseurs peuvent suffire à rétablir le sommeil, sans somnifère (Vidal). Certains sont sédatifs, comme la mirtazapine.

Un antidépresseur se met en place progressivement, et généralement pour une durée prolongée (Vidal). L’alcool est fortement déconseillé, et un arrêt brutal peut donner anxiété, cauchemars ou insomnie.

Si des idées noires ou suicidaires apparaissent, appelez le 3114, numéro gratuit de prévention du suicide (Service-Public.fr).

L'homéopathie et les plantes aident-elles à dormir ?

Leur efficacité n’est pas clairement établie, selon le Vidal. Ces produits servent traditionnellement aux troubles mineurs du sommeil.

Ils s’obtiennent sans ordonnance et ne sont pas remboursés. Si une tisane vous aide à ritualiser le coucher, rien ne s’y oppose : les plantes pour dormir ont leur page.

Que trouve-t-on sans ordonnance ?

Sans ordonnance, le Vidal cite les antihistaminiques à base de doxylamine, les plantes et l’homéopathie ; la mélatonine existe aussi en complément. « Sans ordonnance » ne veut pas dire sans effet ni sans interaction.

Demandez conseil à votre pharmacien, surtout si vous prenez déjà un traitement. Le Manuel MSD recommande qu’un médecin supervise l’usage de la mélatonine.

Quels risques communs, avec l’alcool ou pendant une grossesse ?

L’alcool renforce l’effet sédatif de ces médicaments : les notices du Seresta et de l’Atarax le déconseillent. Le Manuel MSD ajoute les opioïdes, les antihistaminiques et les antidépresseurs, qui peuvent freiner la respiration associés à un somnifère.

Au volant, les benzodiazépines augmentent le risque d’accident de 60 à 80 %, et d’environ huit fois avec de l’alcool (ANSM, 2017). Demandez l’avis de votre médecin avant de conduire.

Pendant la grossesse, l’ANSM signale pour les benzodiazépines un risque de malformation suspecté au premier trimestre et un sevrage du nouveau-né en fin de grossesse. Le CRAT admet certains hypnotiques, avec un médecin, si le sommeil reste un problème après les mesures sans médicament ; il demande de prévenir la maternité avant l’accouchement.

Après une prise excessive, une confusion, un délire, une respiration très ralentie, un pouls faible ou des lèvres bleues sont une urgence : appelez le 15 (Manuel MSD, Service-Public.fr).

Comment arrêter un médicament pour dormir ou contre l’anxiété ?

Progressivement, avec votre médecin : la HAS demande un arrêt progressif chez les utilisateurs au long cours, sur quelques semaines à plusieurs mois. Arrêter brutalement expose au sevrage et au rebond d’insomnie.

Selon la HAS, l’arrêt dure le plus souvent de 4 à 10 semaines. Elle propose une consultation 3 à 7 jours après la dernière prise, pour faire le point sur le rebond d’insomnie ou d’anxiété.

Hors cette substitution décidée par le médecin, la HAS ne voit pas d’argument pour un autre médicament pendant le sevrage. Réduire la dose avec votre médecin est déjà un résultat, et une rechute n’est pas un échec.

Quand consulter, et qui appeler ?

Parlez-en à votre médecin traitant ou à votre pharmacien avant toute prise, et si vous dormez mal depuis plusieurs semaines. Ne démarrez ni n’arrêtez seul un traitement.

Appelez le 15 devant une confusion, un délire, une respiration très ralentie, un pouls faible ou des lèvres bleues après une prise. Le 3114 répond à toute détresse suicidaire, tous les jours.

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Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un anxiolytique ?

C’est un médicament prescrit contre les manifestations de l’anxiété. La HAS précise qu’il soulage les symptômes sans traiter leurs causes, d’où une prescription pour une durée limitée.

Quels sont les somnifères les plus puissants avec une ordonnance ?

Les données de la HAS ne permettent pas de conclure à une différence d’efficacité entre les benzodiazépines et leurs apparentés, et leur gain reste d’une vingtaine de minutes d’endormissement. Le choix de la molécule revient au médecin.

Est-il possible de prendre deux zolpidem en même temps ?

Non, sauf prescription contraire de votre médecin : la notice fixe une dose maximale. Le Stilnox se prend en une seule prise au coucher, sans reprise la même nuit ; au moindre doute, appelez votre médecin ou votre pharmacien.

Peut-on prendre du Lexomil et du Seresta ensemble ?

Non, sauf avis du médecin. La HAS demande de ne pas associer plusieurs benzodiazépines anxiolytiques ou hypnotiques, car le cumul n’apporte pas d’effet en plus et renforce les effets indésirables.

Anxiolytique ou antidépresseur : quelle différence ?

Un anxiolytique soulage des symptômes, alors que le traitement de fond d’un trouble anxieux repose sur des psychothérapies et, surtout, des antidépresseurs (HAS). Les benzodiazépines ne traitent pas la dépression (ANSM).

Quel est le somnifère naturel le plus puissant, sans ordonnance ?

Aucun ne se détache : le Vidal juge l’efficacité des médicaments à base de plantes ou d’homéopathie pour le sommeil « pas clairement établie ». Demandez conseil à votre pharmacien avant d’en prendre.

Quel traitement pour un enfant de 3 ans qui dort mal ?

Pas de médicament sans avis médical : le Donormyl, vendu sans ordonnance, est contre-indiqué avant 15 ans, et la notice de l’hydroxyzine ne le prévoit pas avant 6 ans. Voyez son médecin.

Peut-on prendre un médicament pour dormir quand on est enceinte ?

Seulement avec un médecin. L’ANSM signale un risque de malformation suspecté pour les benzodiazépines au premier trimestre et un sevrage du nouveau-né en fin de grossesse.

La rédaction Somnologie, mis à jour le 3 novembre 2026

Cette page informe, elle ne remplace pas une consultation. Si le trouble dure ou gêne vos journées, parlez-en à votre médecin.