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Somnologie

Zolpidem (Stilnox) : effets secondaires, ordonnance et arrêt

Ce que disent ses documents officiels, la Haute Autorité de santé et l’Agence du médicament : la dose, les effets, les dangers, l’ordonnance sécurisée, le prix et l’arrêt.

Mis à jour le 9 min de lecturePar la rédaction Somnologie

Une main allume une lampe à abat-jour en lin sur une table de chevet, avec une boîte blanche au premier plan

Le Stilnox en bref

Molécule
Zolpidem (tartrate)
Famille
Somnifère apparenté aux benzodiazépines
Ordonnance
Sécurisée, nombre de comprimés en toutes lettres, 28 jours de traitement au plus (au 04/11/2026)
Remboursement
15 % par l’Assurance maladie
Dose maximale
10 mg par jour, en une seule prise au coucher
Durée maximale
4 semaines, arrêt progressif compris
Demi-vie
2,4 heures en moyenne (temps pour que la quantité dans le sang baisse de moitié)
Génériques
Oui, sous le nom zolpidem

L'essentiel

Le zolpidem, vendu sous le nom de Stilnox et en génériques, est un somnifère sur ordonnance sécurisée, réservé à l’insomnie de courte durée chez l’adulte. On ne dépasse pas 10 mg par jour ni 4 semaines de traitement, arrêt progressif compris.

Sommaire 5 parties
  1. Qu’est-ce que le Stilnox, et à quoi sert le zolpidem ?
  2. Comment prend-on le Stilnox ?
  3. Le Stilnox est-il dangereux ?
  4. Le Stilnox est-il un stupéfiant, et faut-il une ordonnance sécurisée ?
  5. Pourquoi ne faut-il pas l’arrêter d’un coup ?

Un somnifère prescrit pour quelques nuits, et des questions sur les trous de mémoire, la dépendance ou l’arrêt : c’est normal de se les poser.

Cette page reprend ce que disent la notice, le résumé officiel destiné aux médecins (RCP) et la Haute Autorité de santé (HAS). Les autres médicaments du sommeil et de l’anxiété ont chacun leur fiche.

Qu’est-ce que le Stilnox, et à quoi sert le zolpidem ?

Le Stilnox est un somnifère dont la substance active est le zolpidem, apparentée aux benzodiazépines.

Les benzodiazépines sont la famille de calmants et de somnifères à laquelle appartient par exemple le Lexomil.

Il est autorisé en France depuis 1987, au nom du laboratoire Sanofi. Son indication est étroite : le traitement de courte durée de l’insomnie chez l’adulte.

Le RCP le décrit comme une imidazopyridine, une famille chimique à part, qui agit pourtant comme les benzodiazépines. Il se fixe de préférence sur un type précis de récepteurs du cerveau et provoque surtout de la sédation.

Stilnox et zolpidem désignent donc la même molécule. Les génériques portent le nom zolpidem suivi du laboratoire, et la base publique des médicaments classe le Stilnox 10 mg dans un groupe générique à son nom.

Le comprimé dosé à 10 mg est sécable, et le RCP parle d’un demi-comprimé pour la moitié de la dose. Mais ce n’est pas à vous de le couper sans l’avis du médecin.

Comment prend-on le Stilnox ?

Les informations ci-dessous sont indicatives : c’est votre médecin qui fixe la dose et la durée.

Selon la notice, on prend un seul comprimé par jour, immédiatement avant de se coucher, et jamais un second la même nuit.

Le RCP fixe un plafond de 10 mg par jour pour l’adulte, qu’on ne dépasse pas. Il recommande une dose plus faible chez la personne âgée ou fragilisée, et pour commencer en cas de maladie non grave du foie.

Si le comprimé semble moins efficace avec le temps, la notice demande de ne pas augmenter la dose et d’en parler au médecin. En cas d’oubli, on prend la dose suivante le lendemain à l’heure habituelle, sans la doubler.

Le RCP fixe un plafond de 4 semaines, période de baisse des doses comprise. Il prévoit 2 à 5 jours pour une insomnie occasionnelle, comme lors d’un voyage, et 2 à 3 semaines pour une insomnie transitoire, après un événement grave.

Au-delà, le médecin doit réévaluer votre état avant toute prolongation, car le risque de dépendance augmente avec la durée.

Sa concentration la plus haute dans le sang arrive 0,5 à 3 heures après la prise. Selon le Vidal, un site d’information sur les médicaments, ces somnifères agissent en 20 minutes environ, d’où le comprimé pris au lit.

Sa demi-vie, le temps qu’il faut au corps pour éliminer la moitié du produit, est de 2,4 heures en moyenne, entre 0,7 et 3,5 heures. Un somnifère voisin, la zopiclone, a sa propre fiche, celle de l’Imovane.

Le RCP demande de pouvoir dormir 8 heures d’affilée après la prise, pour limiter les trous de mémoire. Et le Vidal rappelle qu’un somnifère ne sert pas à calmer un réveil au milieu de la nuit.

L’effet reste modeste. Les deux études du RCP donnent 10 à 30 minutes d’endormissement gagnées sur le placebo, et la HAS parle d’une vingtaine de minutes pour cette famille.

Le Stilnox est-il dangereux ?

Somnolence, maux de tête et vertiges sont fréquents ; les risques graves viennent surtout de l’alcool, des mélanges et des doses trop fortes. Les effets dépendent de la dose et de la sensibilité de chacun, selon la notice.

Quels sont les effets secondaires du Stilnox ?

Selon la notice, 1 à 10 personnes sur 100 ressentent une baisse de vigilance ou de la somnolence, surtout après un certain âge, des maux de tête et des vertiges. Viennent aussi des nausées, des vomissements, de la diarrhée, des douleurs au ventre, de la fatigue et des infections des voies respiratoires.

Dans cette même fréquence, la notice cite des cauchemars, de l’agitation, des hallucinations, une humeur dépressive et des trous de mémoire sur les événements survenus après la prise. Ces trous de mémoire peuvent survenir aux doses prescrites, et le risque monte avec la dose.

Chez 1 à 10 personnes sur 1 000, viennent de la confusion, de l’irritabilité, de l’agressivité, une vision double ou trouble, des tremblements et des picotements. Chez 1 à 10 personnes sur 10 000, on observe des chutes et des troubles de la libido.

Pour le foie, la notice signale une hausse des enzymes du foie, peu fréquente, et une atteinte du foie, rare. Une maladie grave du foie interdit le zolpidem.

Très rarement, le zolpidem peut aussi ralentir la respiration. Si le visage ou le cou gonfle brutalement et gêne la respiration, appelez le 15.

Que faire si l’on a agi sans s’en souvenir au réveil ?

Il faut arrêter le traitement aussitôt et contacter votre médecin ou votre pharmacien.

Le zolpidem peut provoquer du somnambulisme ou d’autres gestes faits sans être complètement éveillé : conduire, préparer et manger un repas, téléphoner.

Selon le RCP, ces épisodes peuvent survenir dès la première prise. Le risque semble augmenter avec l’alcool, les autres médicaments qui font dormir et une dose au-dessus du maximum.

Ces gestes exposent à un risque grave de blessure, pour vous et pour votre entourage, rappelle la notice. Ces épisodes nocturnes ont leur propre page, sur le somnambulisme.

Le RCP et la notice interdisent le zolpidem à qui a déjà eu ces épisodes sous zolpidem.

Peut-on conduire après un Stilnox ?

Pas avant au moins 8 heures de sommeil ininterrompu après la prise, selon le RCP et la notice.

Le risque de somnolence, de réflexes ralentis et de vision floue le lendemain augmente si l’on prend le comprimé moins de 8 heures avant d’agir.

La fiche Vidal classe le Stilnox au niveau 3, « Attention, danger : ne pas conduire », le plus élevé. Le RCP note des endormissements au volant sous zolpidem seul, à dose thérapeutique.

Passé ces 8 heures, ce n’est pas un feu vert : si vous vous sentez somnolent, ne conduisez pas. Le Vidal signale que des accidents de la route ont été rapportés en France, en particulier avec le zolpidem.

Avec quoi ne faut-il pas le prendre ?

L’alcool est formellement déconseillé pendant tout le traitement, selon la notice. Il renforce la sédation et rend dangereuses la conduite et l’utilisation de machines.

Avec les opioïdes, antidouleurs puissants, sirops contre la toux et traitements de substitution, le RCP décrit un risque de sédation, de respiration ralentie, de coma et de décès. Les autres somnifères, les calmants, les neuroleptiques, certains antidépresseurs qui font dormir, les antihistaminiques sédatifs et le baclofène additionnent aussi leurs effets.

La clozapine, un neuroleptique, expose à un risque accru d’arrêt respiratoire ou cardiaque. La fluvoxamine, la ciprofloxacine et le millepertuis sont déconseillés avec le zolpidem.

La rifampicine, un antibiotique, peut réduire son efficacité. Montrez la liste complète de vos traitements à votre médecin et à votre pharmacien.

Qui ne doit pas en prendre ?

Le RCP interdit le zolpidem dans ces situations :

  • une allergie à la substance active ou à un composant du comprimé ;
  • une insuffisance respiratoire grave ;
  • un syndrome d’apnée du sommeil, avec des arrêts de la respiration pendant la nuit ;
  • une insuffisance du foie grave ;
  • une myasthénie, une maladie des muscles ;
  • des épisodes de somnambulisme ou d’autres gestes faits en dormant après une prise de zolpidem.

Chez la personne âgée, la somnolence et le relâchement musculaire favorisent les chutes, aux conséquences souvent graves, rappelle la notice.

Chez l’enfant et l’adolescent de moins de 18 ans, il n’est pas recommandé. Une étude chez des enfants souffrant de trouble de l’attention avec hyperactivité (TDAH) n’a pas montré d’efficacité.

Pendant la grossesse, le RCP déconseille le zolpidem par prudence, quel qu’en soit le terme, et la notice le déconseille aussi pendant l’allaitement, car il passe dans le lait. Si vous êtes enceinte ou le devenez, parlez-en au médecin pour qu’il réévalue le traitement.

La notice demande aussi de contacter le médecin au plus tôt en cas d’idées suicidaires. Vous pouvez appeler le 3114, le numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert jour et nuit.

Que faire en cas de dose trop forte ?

Si vous avez pris plus que la dose prescrite, la notice demande de contacter immédiatement votre médecin ou votre pharmacien. Le RCP précise que le pronostic vital peut être menacé surtout quand l’alcool ou un autre médicament qui fait dormir s’y ajoute.

Appelez le 15, le numéro du Samu, si la personne est très difficile à réveiller, confuse ou respire lentement. Ce sont des signes de surdosage cités par le RCP, de la somnolence jusqu’au coma.

Le Stilnox est-il un stupéfiant, et faut-il une ordonnance sécurisée ?

Non, pas au sens strict : une partie seulement des règles des stupéfiants s’applique à sa prescription. Depuis le 10 avril 2017, sa prescription est soumise en partie à cette réglementation, d’après le Vidal.

Au 04/11/2026, la base publique le range en liste I, celle des substances vénéneuses, un classement réglementaire des substances vénéneuses qui encadre sa prescription. La prescription se fait en toutes lettres sur ordonnance sécurisée, et sa durée est limitée à 28 jours, soit 4 semaines.

Le nombre d’unités par prise, le nombre de prises et le dosage s’écrivent en toutes lettres. Une nouvelle ordonnance ne peut pas couvrir une période déjà couverte, sauf mention expresse du médecin.

Le Vidal explique cette mesure par les risques d’abus et de détournement. Il cite aussi la soumission chimique, dont le zolpidem était en 2017 la molécule la plus souvent impliquée.

En 2025, l’Agence du médicament (ANSM) a demandé des boîtes de 5 à 7 comprimés, soit une semaine de traitement, pour réduire le risque d’utilisation prolongée et de dépendance.

Combien coûte le Stilnox ?

Au 04/11/2026, la base publique donne 1,70 € la boîte de 14 comprimés de Stilnox 10 mg, hors honoraire du pharmacien, et 2,72 € avec. La boîte de 7 revient à 1,17 €, ou 2,19 € avec l’honoraire.

L’Assurance maladie rembourse 15 %, et la commission de la transparence de la HAS juge le service médical rendu faible (avis du 08/02/2017).

Les génériques ont leur propre prix : demandez-le à votre pharmacien.

Pourquoi ne faut-il pas l’arrêter d’un coup ?

Parce qu’un arrêt brutal peut provoquer un sevrage, selon la notice. Il se traduit par une anxiété importante, une insomnie, des douleurs musculaires, parfois de l’agitation et des maux de tête.

Le RCP ajoute, plus rarement, de la confusion, des hallucinations, du délire et des convulsions.

L’insomnie peut aussi revenir, sans gravité et de façon passagère : c’est le rebond. Deux cas échappent à la règle de l’arrêt progressif : les gestes faits en dormant, vus plus haut, où l’on arrête aussitôt, et le traitement très bref, vu plus bas.

Le risque de dépendance augmente avec la dose et la durée, et les cas sont plus fréquents au-delà de 4 semaines, selon le RCP. La dépendance peut survenir aux doses prescrites et même sans facteur de risque, avec un risque plus élevé après des antécédents d’alcoolisme ou d’autres dépendances.

Un traitement très bref, de 2 à 5 jours, ne demande pas d’arrêt progressif, selon la HAS.

Au-delà, la notice demande une baisse très progressive des doses et des prises, d’autant plus longue que le traitement a duré, à définir avec votre médecin.

Après un traitement prolongé, la HAS prévoit un arrêt toujours progressif. Il dure 4 à 10 semaines le plus souvent, et plusieurs mois pour les consommations longues ou les fortes doses. Sa fiche mémo parle de 3 mois à un an, ou plus si nécessaire.

Si des signes sans gravité apparaissent pendant la baisse, la HAS conseille de revenir au palier précédent, puis de descendre plus lentement.

Si des signes sans gravité apparaissent après l’arrêt complet, elle recommande de ne surtout pas reprendre le traitement. S’ils sont plus sévères ou durent, une nouvelle consultation s’impose.

Devant des signes graves, comme une confusion, des hallucinations, des troubles de la vigilance ou des convulsions, la HAS prévoit une hospitalisation. Appelez le 15.

Pendant l’arrêt, la HAS ne voit pas d’argument pour un autre médicament. Une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) de l’insomnie est proposée en premier dès que l’insomnie n’est plus occasionnelle.

Cette thérapie agit sur les habitudes et les pensées autour du sommeil. Elle comprend en général 6 séances de 1 h à 1 h 30, selon le Vidal.

Pour comparer avec les autres somnifères, la page somnifère les classe par durée et par risque. Et pour comprendre d’où viennent vos nuits courtes, le dossier sur l’insomnie fait le tour des causes.

Questions fréquentes

Est-ce que le Stilnox est un somnifère ?

Oui : le Stilnox est un hypnotique, autre mot pour somnifère. Il est apparenté aux benzodiazépines et autorisé chez l’adulte pour l’insomnie de courte durée seulement, selon la base publique des médicaments.

Quelle est la différence entre le Stilnox et le zolpidem ?

Aucune sur le fond : Stilnox est le nom de marque du zolpidem, chez Sanofi. Les génériques portent le nom zolpidem suivi de celui du laboratoire et appartiennent au même groupe générique que le Stilnox 10 mg.

Quel est le vrai nom du zolpidem ?

Zolpidem est le nom de la substance active, et Stilnox le nom de marque du laboratoire Sanofi. Les génériques portent le nom zolpidem suivi de celui de leur laboratoire.

Quelle est la durée d’action du Stilnox ?

Son résumé officiel (RCP) donne une demi-vie de 2,4 heures en moyenne, entre 0,7 et 3,5 heures. Cela ne dit pas quand on peut conduire : il faut au moins 8 heures de sommeil ininterrompu après la prise.

Combien de temps faut-il pour que le zolpidem fasse effet ?

Sa concentration la plus haute dans le sang arrive 0,5 à 3 heures après la prise, selon le RCP. Le Vidal indique que ces somnifères agissent en 20 minutes environ, d’où la consigne de le prendre au lit.

Quel médicament ne pas prendre avec le Stilnox ?

L’alcool, les opioïdes et les autres médicaments qui font dormir ou ralentissent le cerveau. Le RCP déconseille aussi la fluvoxamine, la ciprofloxacine et le millepertuis.

Est-ce qu’il faut une ordonnance pour acheter du zolpidem ?

Oui, une ordonnance sécurisée, avec le nombre de comprimés par prise, le nombre de prises et le dosage écrits en toutes lettres, pour 28 jours de traitement au plus. Un renouvellement ne peut pas chevaucher la période déjà couverte, sauf mention expresse du médecin.

Quel est le prix du zolpidem ?

Au 04/11/2026, la boîte de 14 comprimés de Stilnox 10 mg coûte 1,70 €, et 2,72 € avec l’honoraire du pharmacien, selon la base publique des médicaments. Le remboursement est de 15 %.

Le zolpidem est-il un anxiolytique ?

Non : il n’est autorisé que contre l’insomnie. Son RCP lui reconnaît une activité anxiolytique, comme à toute cette famille, mais l’effet sédatif apparaît à des doses plus basses.

Quelle est la différence entre le zolpidem et le zopiclone ?

Ce sont deux somnifères apparentés aux benzodiazépines, et les données de la HAS ne permettent pas de conclure à une différence d’efficacité entre eux. La zopiclone a sa propre fiche, celle de l’Imovane, avec ses doses et ses règles.

Quel est le somnifère le plus puissant ?

Aucun ne se détache : selon la HAS, les données ne permettent pas de conclure à une différence d’efficacité entre les benzodiazépines et apparentés. Le choix revient au médecin, selon votre situation.

Quel médicament pour remplacer le zolpidem ?

La HAS ne voit pas d’argument pour un autre médicament pendant l’arrêt. Elle mise sur un accompagnement sans médicament et, dès que l’insomnie n’est plus occasionnelle, sur une thérapie cognitivo-comportementale (TCC).

Comment faire pour arrêter le Stilnox ?

Avec votre médecin : la notice demande une baisse très progressive des doses, d’autant plus longue que le traitement a duré. Un traitement de 2 à 5 jours ne demande pas d’arrêt progressif, selon la HAS.

La rédaction Somnologie, mis à jour le 4 novembre 2026

Cette page informe, elle ne remplace pas une consultation. Si le trouble dure ou gêne vos journées, parlez-en à votre médecin.

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