Quviviq (daridorexant) : dose, effets secondaires, prix et remboursement
D’après le RCP, la Haute Autorité de santé et le Vidal : à quoi sert le Quviviq, sa dose, ses risques, son prix et son remboursement.

Fiche en bref
- Molécule
- Daridorexant
- Famille
- Antagoniste des récepteurs de l’orexine, ni benzodiazépine ni apparenté
- Ordonnance
- Oui, liste I (au 26/10/2026)
- Remboursement
- 30 % par l’Assurance maladie (au 26/10/2026)
- Dose habituelle
- 50 mg le soir, 25 mg dans certains cas
- Durée
- La plus courte possible, réévaluation dans les 3 mois
- Génériques
- Non
L'essentiel
Le Quviviq (daridorexant) est un somnifère sur ordonnance contre l’insomnie chronique de l’adulte. Il bloque l’orexine, substance de l’éveil ; dose usuelle : 50 mg avant le coucher.
Sommaire 10 parties
- Qu’est-ce que le Quviviq, et à quoi sert-il ?
- Comment prend-on le Quviviq ?
- Pourquoi le Quviviq ne fait-il pas toujours dormir ?
- En combien de temps le Quviviq agit-il ?
- Quels sont les effets secondaires du Quviviq ?
- Peut-on conduire après avoir pris du Quviviq ?
- Le Quviviq fait-il grossir ?
- Le Quviviq crée-t-il une dépendance ?
- Quel est le prix du Quviviq, et est-il remboursé ?
- Quelles alternatives au Quviviq ?
Quand un médecin prescrit du Quviviq, on veut savoir ce que ce comprimé change à une nuit, et ce qu’il demande en échange.
Cette page reprend le résumé des caractéristiques du produit, appelé RCP (la version destinée aux médecins, ici celle publiée en anglais par l’emc, le site britannique des notices de médicaments). Elle s’appuie aussi sur le Vidal, qui résume l’avis de la Haute Autorité de santé (HAS), et sur les pages de la HAS sur l’insomnie.
Qu’est-ce que le Quviviq, et à quoi sert-il ?
Le Quviviq est un médicament à base de daridorexant, un antagoniste des récepteurs de l’orexine : il freine une substance qui maintient éveillé. L’orexine favorise l’éveil, et en la bloquant le médicament laisse le sommeil venir, sans changer la proportion des stades de sommeil.
Son RCP l’indique chez l’adulte dont l’insomnie dure depuis au moins 3 mois et gêne la journée.
Le Vidal le range parmi les hypnotiques (les somnifères), dans une classe à part. Ce n’est donc ni une benzodiazépine, ni un apparenté comme la zopiclone (Imovane), ni un antidépresseur.
Autorisé en 2022, il est inscrit au remboursement par un arrêté de janvier 2024. Il existe en boîtes de 30 comprimés à 25 mg ou à 50 mg, sans générique.
Comment prend-on le Quviviq ?
Le RCP indique 50 mg, un comprimé le soir, dans les 30 minutes avant le coucher. Ces informations sont indicatives : c’est votre médecin qui fixe la dose.
| Situation | Dose indiquée par le RCP |
|---|---|
| Adulte | 50 mg une fois par nuit |
| Avec un inhibiteur modéré du CYP3A4 (diltiazem, érythromycine, ciprofloxacine, ciclosporine) | 25 mg |
| Maladie du foie modérée | 25 mg |
| Maladie du foie sévère | Non recommandé |
| Plus de 65 ans | Pas d’ajustement de dose, prudence pour le risque de chute, données limitées après 75 ans |
| Moins de 18 ans | Sécurité et efficacité non établies |
Le CYP3A4 est une enzyme du foie qui élimine le médicament. Selon le Vidal, 50 mg est la dose quotidienne maximale.
Il est contre-indiqué en cas de narcolepsie et avec les inhibiteurs puissants du CYP3A4, comme l’itraconazole, la clarithromycine ou le ritonavir (RCP). Avec les autres médicaments qui font dormir, le RCP demande de la prudence.
Le comprimé se prend avec ou sans repas, mais un repas copieux, riche en graisses, peut retarder le pic dans le sang d’environ 1,3 heure.
Le RCP demande d’éviter le pamplemousse et son jus le soir. Si l’on a oublié la prise au coucher, il ne faut pas la prendre pendant la nuit.
Pourquoi le Quviviq ne fait-il pas toujours dormir ?
Son effet moyen est modeste : à 3 mois, les deux essais montrent de 8 à 20 minutes gagnées face au placebo. Le Vidal, qui résume l’avis de la HAS, parle d’une faible quantité d’effet.
| Ce que les deux essais ont mesuré à 3 mois, face au placebo | Écart selon la dose (25 ou 50 mg) |
|---|---|
| Temps éveillé après l’endormissement (enregistrement du sommeil en laboratoire) | 10 à 18 minutes de moins |
| Temps pour s’endormir (même enregistrement) | 8 à 12 minutes de moins |
| Temps de sommeil total noté par la personne | 10 à 20 minutes de plus |
Ces chiffres du RCP sont des moyennes à 3 mois sur l’ensemble des participants. Le Vidal cite des bornes un peu plus larges, jusqu’à 22,8 minutes, pour une évaluation à 12 semaines.
Selon le Vidal, la Commission de la transparence de la HAS lui reconnaît un service médical rendu modéré et une amélioration du service médical rendu mineure (niveau IV). Toujours selon le Vidal, c’est un traitement de seconde intention chez l’adulte, c’est-à-dire à envisager après les approches sans médicament.
Le RCP décrit trois situations qui peuvent retarder ou diminuer l’effet : un repas copieux, l’alcool et les médicaments qui accélèrent l’élimination du produit. Si vous prenez d’autres médicaments, ou si l’effet semble faible, parlez-en à votre médecin plutôt que d’augmenter la dose.
Quand l’insomnie dure, la HAS rappelle que la thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie, la TCC-I, est à proposer avant tout médicament.
En combien de temps le Quviviq agit-il ?
Selon le RCP, le médicament est absorbé vite : le pic dans le sang arrive 1 à 2 heures après la prise. Sa demi-vie, le temps qu’il faut au corps pour éliminer la moitié du produit, est d’environ 8 heures.
Les essais mesurent l’effet après 1 mois puis 3 mois de traitement, pas dès la première nuit. Le RCP ne donne pas de délai plus précis.
Quels sont les effets secondaires du Quviviq ?
Les plus fréquents sont les maux de tête et la somnolence, et la plupart étaient légers à modérés, selon le Vidal. Le RCP classe aussi comme fréquents (1 à 10 personnes sur 100) les étourdissements, les nausées et la fatigue.
La somnolence a touché 3 % et 2 % des personnes sous 25 et 50 mg, contre 2 % sous placebo.
Moins souvent, chez 1 personne sur 1 000 à 1 sur 100, le RCP cite une allergie (éruption, urticaire), des hallucinations, des rêves anormaux ou des cauchemars. Il cite aussi du somnambulisme et une paralysie du sommeil.
La paralysie du sommeil, une incapacité à bouger ou à parler pendant quelques minutes entre sommeil et éveil, survient surtout les premières semaines. Des symptômes proches d’une cataplexie légère, un relâchement brutal des muscles, ont aussi été rapportés avec cette classe.
Si une paralysie du sommeil, des hallucinations ou des symptômes proches d’une cataplexie apparaissent, le RCP demande une évaluation et envisage l’arrêt du traitement. Pour une éruption, de l’urticaire ou tout autre signe qui inquiète, parlez-en à votre médecin.
Chez une personne déprimée, le RCP demande de la prudence : avec des hypnotiques, une aggravation de la dépression et des pensées suicidaires ont été rapportées. Si de telles idées apparaissent, contactez un médecin sans attendre ou appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide, ouvert 24 h sur 24.
Après 65 ans, le RCP demande de la prudence à cause du risque de chute, même si les essais n’ont pas montré plus de chutes que sous placebo. Au-delà de 75 ans, les données sont limitées.
En cas de prise d’une dose trop forte, le RCP ne prévoit pas d’antidote, seulement des soins de soutien et une surveillance. En cas de doute sur une prise excessive, appelez le 15.
Peut-on conduire après avoir pris du Quviviq ?
Pas tant qu’on ne se sent pas parfaitement éveillé, et le RCP recommande environ 9 heures entre la prise et la conduite. Le médicament réduit l’éveil, et la prudence vaut surtout les premiers jours.
Un comprimé pris à 23 h veut donc dire pas de volant avant 8 h le lendemain, au plus tôt.
Dans une étude au simulateur, chez des adultes sains de 50 à 79 ans, la conduite était altérée le lendemain de la première prise de 50 mg, 9 heures après. Aucun effet n’a été détecté après 4 nuits de suite, alors que la zopiclone altérait la conduite aux deux moments (Vidal).
Le RCP met aussi en garde contre l’alcool pendant le traitement.
Le Quviviq fait-il grossir ?
Rien dans le RCP n’indique que le Quviviq fait grossir : son tableau des effets indésirables ne cite ni prise ni perte de poids. Si votre poids change nettement pendant le traitement, parlez-en à votre médecin.
Le Quviviq crée-t-il une dépendance ?
Aucun signe d’abus ni de sevrage n’a été observé dans les essais chez des personnes insomniaques, selon le RCP. Après 3 mois de traitement à 50 mg, aucune insomnie de rebond n’a été constatée à l’arrêt.
Le RCP cite une étude sur 72 consommateurs de drogues récréatives, sans insomnie. À 100 et 150 mg, au-delà de la dose maximale, le daridorexant y a produit un attrait comparable à celui du zolpidem à 30 mg.
Les personnes ayant des antécédents d’abus d’alcool ou d’autres substances doivent être suivies avec attention.
Ces essais portent sur des durées limitées : 576 personnes ont été traitées au moins 6 mois et 331 au moins 12 mois. Ces chiffres sont à rapporter aux 1 847 participants des essais, placebo et dose de 10 mg (non commercialisée) compris.
Le Vidal indique que le traitement peut être arrêté sans baisse progressive de la dose. Le RCP demande une durée aussi courte que possible et une réévaluation dans les 3 mois, puis régulièrement : parlez-en à votre médecin avant d’arrêter.
Quel est le prix du Quviviq, et est-il remboursé ?
Au 26/10/2026, la boîte de 30 comprimés coûte 56,89 €, ou 57,91 € avec l’honoraire du pharmacien. L’Assurance maladie la rembourse à 30 %, pour les deux dosages, selon la base publique des médicaments.
Selon le Vidal, la prise en charge suppose l’échec des mesures d’hygiène du sommeil et des approches sans médicament, comme les TCC. Elle suppose aussi une évaluation de la situation du patient et une durée aussi courte que possible.
Le Quviviq est inscrit sur la liste I : il ne se délivre que sur ordonnance, en pharmacie. Il ne s’achète pas sur internet : en France, seuls les médicaments sans ordonnance se vendent en ligne, selon l’ANSM.
La base publique le signale aussi sous surveillance renforcée : signalez tout effet indésirable à votre médecin ou à votre pharmacien.
Quelles alternatives au Quviviq ?
Il n’a pas de générique, et pour une insomnie qui dure, la HAS place d’abord la TCC-I. Selon la HAS, aucune benzodiazépine n’est indiquée dans l’insomnie chronique, et elle note que seul le Quviviq y est indiqué.
Les benzodiazépines et leurs apparentés, comme la zopiclone, ne conviennent qu’aux insomnies de courte durée. La page somnifère les compare, et le dossier insomnie : que faire détaille les approches sans médicament.
Questions fréquentes
Quviviq est-il un antidépresseur ?
Non. Le Vidal le range parmi les hypnotiques, dans la classe des antagonistes des récepteurs de l’orexine, qui n’est ni celle des antidépresseurs ni celle des benzodiazépines.
Quel est l’équivalent du Quviviq ?
Il n’a pas de générique : la base publique des médicaments indique qu’il n’appartient à aucun groupe générique. Les autres somnifères viennent d’autres familles, et, pour l’insomnie chronique, la HAS note que seul le Quviviq est indiqué.
À quelle heure prendre le Quviviq ?
Le soir, dans les 30 minutes avant d’aller se coucher, selon le RCP. Le Vidal recommande environ 9 heures entre la prise et la conduite.
Existe-t-il du Quviviq à 100 mg ?
Non : il existe en comprimés à 25 mg et à 50 mg. Selon le Vidal, 50 mg est la dose quotidienne maximale.
Comment s’appelle la pilule pour dormir ?
Il n’y a pas un seul nom : « somnifère » ou « hypnotique » désigne plusieurs familles de médicaments sur ordonnance. Le Quviviq (daridorexant) en est une, que la page somnifère compare aux autres.
Quel est le meilleur somnifère sans dépendance ?
Aucun médicament n’est sans risque, et le RCP ne relève aucun signe de dépendance physique dans les essais. En revanche, chez 72 consommateurs de drogues récréatives, 100 et 150 mg (au-delà du maximum) ont produit un attrait comparable à celui du zolpidem.
Peut-on prendre le Quviviq enceinte ou en allaitant ?
Pendant la grossesse, le RCP ne l’admet que si l’état de la femme le justifie. Pendant l’allaitement, le passage dans le lait est faible, mais une somnolence du nourrisson ne peut être exclue : on en décide avec le médecin.
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