Apnée du sommeil : symptômes, causes, diagnostic et traitements
Ce qu’est l’apnée du sommeil, d’où elle vient, quels signes doivent alerter, comment elle se confirme et se traite, et vers quelle page aller pour le détail.

L'essentiel
Dans l’apnée du sommeil, la respiration s’arrête ou faiblit au moins 5 fois par heure de sommeil. Elle se confirme par un enregistrement de nuit et se traite.
Dans ce dossier
Apnée du sommeil : traitements, du masque à l’implantTraitement de l’apnée du sommeil : PPC, orthèse, gestes du quotidien, chirurgie et implant, avec ce que…
Symptômes de l’apnée du sommeil : les signes de nuit et de jourRonflements, pauses respiratoires, somnolence, maux de tête au réveil : les symptômes de l’apnée du sommeil,…
Sommaire 10 parties
- Qu’est-ce que l’apnée du sommeil, et que veulent dire SAOS, hypopnée et IAH ?
- Pourquoi fait-on de l’apnée du sommeil ?
- Quels sont les symptômes, et quand consulter ?
- Comment confirme-t-on le diagnostic ?
- Quelles complications, et faut-il s’inquiéter ?
- Comment se traite l’apnée du sommeil ?
- Quelles démarches, de la consultation au matériel ?
- Qu’est-ce que l’apnée centrale ?
- L’apnée du sommeil touche-t-elle les enfants et les personnes âgées ?
- Que faire naturellement, et qu’est-ce qui n’est pas prouvé ?
Une nuit qui ne repose pas, un proche qui s’inquiète de vos pauses de respiration : on peut s’y reconnaître sans savoir par où commencer. L’apnée du sommeil se traite, et le premier pas est d’en parler à un médecin.
Cette page donne l’essentiel, puis renvoie vers la page qui détaille chaque sujet.
Qu’est-ce que l’apnée du sommeil, et que veulent dire SAOS, hypopnée et IAH ?
Ce sont des pauses de la respiration, de 10 à 30 secondes ou plus, qui se répètent pendant le sommeil. Chez l’adulte, elles viennent d’un relâchement des muscles de la gorge, qui se referme en partie ou en totalité (Ameli, Inserm).
Une pause complète s’appelle une apnée, une simple baisse du débit d’air une hypopnée. Le SAOS, ou SAHOS, est le syndrome d’apnées(-hypopnées) obstructives du sommeil : « obstructives » signifie que la gorge se ferme.
L’indice d’apnées-hypopnées (IAH) est le nombre de pauses et de baisses du souffle par heure de sommeil. C’est lui qui donne la gravité, selon Ameli :
| IAH (par heure de sommeil) | Gravité |
|---|---|
| De 5 à 15 | Légère |
| De 16 à 30 | Modérée |
| Plus de 30 | Sévère |
Le seuil du syndrome est d’au moins 5 pauses par heure de sommeil, d’après Ameli et la réponse du ministère de la Santé.
Les estimations varient selon la source. Une réponse du ministère de la Santé en 2018 évoque 2 à 5 % des adultes en France, soit 1 à 3 millions de personnes.
Le Manuel MSD donne 8 à 16 % des adultes pour les formes avec symptômes. Ces chiffres viennent de sources différentes et ne se comparent pas ; les chiffres par âge, plus bas dans la page, viennent d’une autre série, plus élevée.
Pourquoi fait-on de l’apnée du sommeil ?
Les muscles de la gorge se relâchent pendant le sommeil, et plusieurs facteurs rendent cette fermeture plus probable. Vous n’y êtes pour rien : beaucoup ne se choisissent pas.
- L’excès de poids. Ameli range le surpoids, et surtout l’obésité, parmi les facteurs de risque majeurs.
- L’âge. L’Inserm le présente comme le principal facteur de risque : l’apnée concerne 7,9 % des 20 à 44 ans et 30,5 % des plus de 65 ans.
- Le sexe masculin. Le syndrome est globalement deux fois plus fréquent chez les hommes selon l’Inserm, jusqu’à quatre fois selon le Manuel MSD.
- L’alcool et les sédatifs. Le Manuel MSD indique qu’ils aggravent l’apnée obstructive.
- La forme de la gorge, l’hérédité, le tabac. Une gorge étroite, des antécédents familiaux ou le tabagisme augmentent le risque, selon le Manuel MSD et Santé.fr.
Le ronflement vient lui aussi de ce rétrécissement : la page sur le ronflement explique à partir de quand il doit alerter.
Quels sont les symptômes, et quand consulter ?
La nuit : ronflements, pauses vues par l’entourage, réveils en sursaut avec une sensation d’étouffement. Le jour : somnolence excessive, fatigue, maux de tête surtout le matin.
Ameli ajoute des difficultés de concentration et de mémoire.
Un ou plusieurs de ces signes justifient d’en parler au médecin traitant. Un enfant qui ronfle bruyamment la nuit doit aussi voir un médecin, selon Ameli.
Une somnolence anormale dans la journée contre-indique temporairement la conduite, d’après Ameli : signalez-la, surtout si vous conduisez.
Les signes de nuit et de jour, chez l’adulte comme chez l’enfant, sont détaillés dans la page sur les symptômes de l’apnée du sommeil.
Comment confirme-t-on le diagnostic ?
Seul un examen qui mesure la respiration pendant le sommeil confirme l’apnée du sommeil, d’après Santé.fr. Un questionnaire ne le remplace pas.
Le médecin traitant demande un avis spécialisé, puis un bilan du sommeil, souvent pratiqué dans une unité du sommeil (Ameli). Deux examens existent.
- La polygraphie ventilatoire enregistre la respiration pendant au moins 6 heures (Ameli, Inserm).
- La polysomnographie est plus complète : elle suit aussi le sommeil lui-même, confirme le diagnostic et en évalue la gravité (Ameli).
Le déroulement d’une nuit d’examen est décrit dans la page sur la polysomnographie. Pour les tests avant la consultation, voir le test de l’apnée du sommeil.
Quelles complications, et faut-il s’inquiéter ?
Non traitée, l’apnée augmente le risque cardiovasculaire et les accidents liés à la somnolence, mais elle se traite. Le Manuel MSD juge le pronostic excellent à condition que le traitement soit mis en place, accepté et efficace.
Ameli cite l’hypertension parmi les risques cardiovasculaires. Le Manuel MSD la dit fortement associée à l’apnée obstructive, ce qui ne veut pas dire que l’une cause toujours l’autre.
L’Inserm mentionne aussi un effet sur la vie sociale et affective, avec la dépression et l’isolement. L’Inserm ne donne pas de fréquence pour ce lien : si votre humeur baisse, parlez-en à votre médecin, avec vos nuits.
Pour la route et le travail, Ameli note davantage d’accidents de la route, de la vie domestique et du travail. Une somnolence qui s’installe se signale sans attendre.
Comment se traite l’apnée du sommeil ?
Le traitement dépend de la gravité et se décide avec un médecin. Selon Ameli, les mesures d’hygiène de vie sont toujours indispensables, quel que soit le traitement.
La PPC, pression positive continue, envoie de l’air dans les voies respiratoires par un masque, avec une légère surpression. Elle est recommandée à partir d’un IAH de 30 (Ameli).
Entre 15 et 30 (15 compris), elle l’est aussi en cas de micro-éveils très fréquents (au moins dix par heure) ou de maladie respiratoire ou cardiovasculaire grave (Ameli). Les micro-éveils sont de courts réveils dont on n’a pas conscience.
Le choix du masque est détaillé dans la page sur le masque PPC.
L’orthèse d’avancée mandibulaire, une gouttière qui avance la mâchoire, convient surtout aux apnées de gravité moyenne, en l’absence de maladie cardiovasculaire, d’après Ameli. L’opération n’est indiquée qu’après l’échec des autres traitements.
La PPC comme l’orthèse sont prescrites par un médecin : on ne les achète pas pour traiter soi-même une apnée. Les options, leurs limites et leurs effets sont dans la page sur les traitements de l’apnée du sommeil.
Quelles démarches, de la consultation au matériel ?
Le parcours commence chez le médecin traitant et se poursuit en centre du sommeil. Voici les étapes, d’après Ameli et Santé.fr.
- Consulter : le médecin traitant fait préciser les troubles, puis demande un avis spécialisé.
- Passer le bilan du sommeil, qui confirme le diagnostic et mesure la gravité.
- Obtenir la prescription du traitement choisi par l’équipe médicale.
- Laisser le prestataire installer le matériel : cette entreprise fournit l’appareil à domicile et en explique l’usage.
- Revoir le médecin : la première prescription de PPC vaut 4 mois, le renouvellement un an.
Le renouvellement demande une observance satisfaisante, calculée sur 28 jours (le temps réel d’utilisation de l’appareil), et un traitement efficace, selon Ameli. Santé.fr précise que la location est en partie remboursée, sous conditions d’usage régulier.
Les montants, comme le prix d’une consultation ou d’une polysomnographie, changent et dépendent du centre : on les demande sur place ou on les lit sur ameli.fr.
Qu’est-ce que l’apnée centrale ?
C’est une forme rare, où le cerveau commande mal la respiration, au lieu d’une gorge qui se ferme. Le Manuel MSD la situe dans le tronc cérébral, la partie du cerveau qui contrôle la respiration.
Le ronflement y est moins net que dans la forme obstructive. Son diagnostic et son traitement se décident avec un médecin du sommeil ; voir aussi l’apnée centrale.
L’apnée du sommeil touche-t-elle les enfants et les personnes âgées ?
Oui : près de 2 % des enfants de 2 à 6 ans (Ameli). Chez l’adulte, l’âge est le principal facteur de risque : 30,5 % des plus de 65 ans sont concernés, contre 7,9 % des 20 à 44 ans (Inserm).
Chez l’enfant, le traitement consiste d’abord à retirer les amygdales et les végétations, ou à corriger une malformation par orthopédie dento-faciale, selon Ameli. Le médecin choisit selon la cause.
Que faire naturellement, et qu’est-ce qui n’est pas prouvé ?
Certains gestes aident, mais aucun ne remplace l’examen ni le traitement prescrit.
- Perdre du poids, même de façon modérée. Une baisse du poids initial diminue nettement la sévérité des apnées, selon Ameli.
- Limiter l’alcool, surtout le soir. L’alcool diminue le tonus des muscles de la gorge (Ameli).
- Dormir sur le côté. Cela peut réduire de moitié le nombre d’obstructions dans une apnée modérée, d’après Ameli.
- Bouger régulièrement. L’exercice diminue l’IAH et augmente la vigilance, selon le Manuel MSD.
- Arrêter de fumer. Le Manuel MSD le range parmi les gestes utiles.
Des exercices de la langue et de la gorge semblent réduire l’IAH, mais le Manuel MSD précise que ce n’est pas une recommandation générale. Les dilatateurs nasaux et les sprays pour la gorge vendus sans ordonnance contre le ronflement n’ont pas été suffisamment étudiés.
Les somnifères et les sédatifs aggravent l’apnée : parlez-en au médecin avant tout changement. Pour dormir mieux installé, la page sur l’oreiller pour apnée du sommeil précise ce qu’un oreiller apporte et ce qu’il ne traite pas.
Questions fréquentes
Quels sont les symptômes de l’hypopnée ?
Une hypopnée est une baisse du débit d’air, et non une pause complète. Les sources décrivent les signes pour l’ensemble du syndrome : ronflements, somnolence dans la journée, fatigue, maux de tête au réveil (Ameli).
Est-ce qu’une apnée du sommeil de 30 apnées par heure est considérée comme sévère ?
Ameli parle d’apnée sévère au-delà de 30 pauses ou baisses du souffle par heure. À 30 pile, la PPC (pression positive continue) est déjà recommandée selon Ameli ; le médecin tranche avec les symptômes.
Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?
La respiration s’interrompt ou faiblit à répétition pendant le sommeil, au moins 5 fois par heure, par pauses de 10 à 30 secondes ou plus. Chez l’adulte, la gorge se ferme sous l’effet d’un relâchement musculaire (Ameli, Inserm).
Quel est le lien entre l’apnée du sommeil et l’hypertension ?
Le Manuel MSD indique que l’hypertension est fortement associée à l’apnée obstructive du sommeil, et Ameli la range parmi les risques cardiovasculaires d’une apnée non traitée. Parlez de votre tension au médecin.
Qu’est-ce que l’apnée centrale du sommeil ?
C’est une forme rare, due à un problème de contrôle de la respiration dans le tronc cérébral, selon le Manuel MSD. La gorge ne se ferme pas : c’est le cerveau qui commande mal la respiration.
À quel âge l’apnée du sommeil est-elle plus fréquente ?
L’âge est le principal facteur de risque : 30,5 % des plus de 65 ans sont concernés, contre 7,9 % des 20 à 44 ans (Inserm, Ameli). Chez l’enfant, Ameli estime qu’elle touche près de 2 % des 2 à 6 ans.
Est-ce que le stress provoque l’apnée du sommeil ?
Non : ni Ameli, ni l’Inserm, ni Santé.fr, ni le Manuel MSD ne citent le stress parmi les causes. Ils décrivent un relâchement des muscles de la gorge, que favorisent l’âge, le poids ou l’alcool.
Pourquoi ai-je l’apnée du sommeil ?
Les muscles de la gorge se relâchent pendant le sommeil et la gorge se ferme. Le surpoids, l’âge, le sexe masculin, l’alcool, les sédatifs ou une gorge étroite y contribuent, selon Ameli, l’Inserm et le Manuel MSD.
Qu’est-ce que le SAOS ?
C’est le syndrome d’apnées obstructives du sommeil, écrit aussi SAHOS quand on ajoute les hypopnées : « obstructives » veut dire que la gorge se ferme. C’est la forme la plus courante, d’après le Manuel MSD.
Comment ne pas faire de l’apnée du sommeil ?
On ne maîtrise pas l’âge, le sexe ni la forme de la gorge. L’excès de poids, l’alcool et le tabac sont des facteurs de risque modifiables (Ameli, Santé.fr) : éviter le surpoids, limiter l’alcool le soir, ne pas fumer.
Quel est le prix d’une polysomnographie ?
Le tarif dépend du centre et change : il se demande au centre du sommeil ou se lit sur ameli.fr.