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Somnologie

Ronflement : pourquoi on ronfle et que faire

D’où vient le bruit, quand il cache une apnée du sommeil, ce qui le réduit, puis les cas de la grossesse et de l’enfant.

Mis à jour le Par la rédaction Somnologie

Un couple dans un lit vu de dessus, une personne endormie et l’autre se couvrant la tête de l’oreiller, fond corail

L'essentiel

Le ronflement est le bruit des tissus mous de la gorge, surtout le voile du palais, qui vibrent quand l’air passe par un passage rétréci pendant le sommeil. Il concernerait 30 à 38 % des hommes et 10 à 30 % des femmes. Sans signe d’alerte, il ne demande pas d’examen ; avec des pauses respiratoires, une somnolence dans la journée ou un ronflement très fort et constant, on consulte.

Dans ce dossier

Sommaire 9 parties
  1. Qu’est-ce que le ronflement, au juste ?
  2. Pourquoi se met-on à ronfler alors qu’avant, non ?
  3. Ronfler, est-ce grave ?
  4. Que faire pour moins ronfler ?
  5. Combien de décibels fait un ronflement ?
  6. Ronfler enceinte, est-ce normal ?
  7. Un enfant qui ronfle, faut-il s’inquiéter ?
  8. Écarteur de narines : lequel choisir si votre nez est en cause ?
  9. Les produits en détail

On le sait, c’est souvent l’autre qui vous l’apprend : un coup de coude à 2 h du matin, une remarque au petit-déjeuner. Le ronflement, c’est la gorge qui vibre quand l’air passe mal pendant le sommeil.

Rien d’honteux là-dedans : c’est l’un des bruits de la nuit les plus répandus. Et la plupart de ses causes se travaillent.

Qu’est-ce que le ronflement, au juste ?

Le ronflement est un bruit produit par la vibration des tissus mous de la gorge, surtout le voile du palais. C’est la partie molle, au fond du palais, que les médecins appellent aussi palais mou.

Pendant le sommeil, les muscles de la gorge se relâchent et le passage de l’air se rétrécit. L’air accélère, fait trembler ces tissus, et le bruit apparaît.

C’est très courant, mais difficile à chiffrer : chacun n’entend pas le ronflement de la même façon, et il change d’une nuit à l’autre. Le Manuel Merck avance environ 30 % des hommes et 10 % des femmes ; une enquête britannique de 2019 en relève 38 % et 30 %.

Le nom médical du ronflement est la ronchopathie. On dit aussi, familièrement, « ronfler comme un sonneur ».

Pourquoi se met-on à ronfler alors qu’avant, non ?

Parce qu’un facteur est venu rétrécir le passage de l’air : quelques kilos, l’alcool le soir, un nez qui reste bouché, ou les années. L’âge figure en effet parmi les facteurs que cite le Manuel MSD.

Les causes qu’il liste :

  • l’alcool et les sédatifs pris le soir, une cause très fréquente ;
  • le surpoids, surtout la graisse autour du cou et du ventre ;
  • un nez bouché depuis longtemps, par une allergie, une cloison nasale déviée ou des polypes ;
  • la grossesse et la ménopause ;
  • l’âge, au-delà de 50 ans ;
  • une gorge plus étroite par nature : grosses amygdales, langue ou voile du palais volumineux.

La position compte aussi, et le Manuel MSD conseille de dormir sur le côté plutôt que sur le dos. Chez les personnes apnéiques, passer d’assis à couché sur le dos réduit le volume des voies aériennes d’environ un tiers, selon une revue de 2016.

Chaque cause, et ce qu’on peut y faire, est détaillée dans la page sur les causes du ronflement.

Ronfler, est-ce grave ?

Pas en soi : sans signe d’alerte, un ronflement ne demande pas d’examen, d’après le Manuel MSD. Les signes d’alerte, listés dans le tableau ci-dessous, font penser à une apnée du sommeil.

L’apnée obstructive du sommeil, ce sont des arrêts ou des baisses de la respiration d’au moins 10 secondes, au moins 5 fois par heure. On parle de syndrome d’apnée quand s’y ajoute un symptôme, comme la somnolence ou un sommeil non réparateur.

Elle augmente le risque d’hypertension, d’AVC, de troubles cardiaques et de diabète : d’où l’intérêt de la repérer tôt.

Voici que faire selon ce qui est remarqué, par vous ou par la personne qui dort à côté :

Ce qu’on remarque Ce qu’on fait
Ronflement sans aucun des signes de la troisième ligne Les mesures simples de la section suivante, sans examen
Ronflement qui reste très gênant après ces mesures Rendez-vous chez le médecin traitant
Signes d’alerte : ronflement très fort et constant, pauses respiratoires vues par le partenaire, réveils en suffoquant, somnolence ou endormissements involontaires dans la journée, maux de tête au réveil, hypertension artérielle ou obésité Prendre rendez-vous rapidement chez le médecin pour des examens, sans attendre l’effet des mesures simples
Ronflement apparu pendant la grossesse En parler à la sage-femme ou au médecin au prochain rendez-vous de suivi ; avec un signe d’alerte, rendez-vous rapide
Enfant qui ronfle plusieurs nuits par semaine, ou très bruyamment, ou avec des pauses ou des halètements, ou qui dort bouche ouverte, tête basculée en arrière Consulter le médecin traitant ou le pédiatre

Le médecin cherche d’abord les signes d’apnée. Si elle est suspectée, un enregistrement de la respiration pendant une nuit, comme la polygraphie ventilatoire, permet de trancher.

Pour faire le point avant le rendez-vous, le test d’apnée du sommeil pose les bonnes questions. La différence entre les deux troubles est expliquée dans ronflement ou apnée, et quel médecin consulter pour un ronflement aide à choisir à qui s’adresser.

Que faire pour moins ronfler ?

Sans signe d’alerte, on commence par ce qui est simple : dormir sur le côté, éviter l’alcool le soir, relever le haut du corps. Ce sont les premiers conseils du Manuel MSD, avant tout examen.

  1. Dormir sur le côté. Une balle de tennis attachée dans le dos du pyjama empêche de rouler sur le dos ; d’autres pistes dans la position pour dormir.
  2. Relever le haut du corps. Le Manuel MSD conseille de relever tout le haut du corps, avec des cales sous les pieds du lit côté tête ou un oreiller qui l’incline. Il déconseille les oreillers qui relèvent seulement la tête : les oreillers anti-ronflement restent un simple essai.
  3. Éviter l’alcool et les sédatifs avant le coucher, que détaille la page sur l’alcool et le sommeil. Une méta-analyse de 2018 associe une consommation d’alcool plus élevée à un risque d’apnée accru d’environ 25 %.
  4. Perdre du poids s’il y en a à perdre, surtout autour du cou et du ventre.
  5. Faire soigner un nez bouché. Le médecin peut prescrire un spray nasal ; une cloison déviée ou des polypes se traitent parfois par chirurgie.
  6. Muscler la langue et la gorge. Dans un essai publié dans Chest en 2015, trois mois d’exercices quotidiens ont réduit environ de moitié l’indice de ronflement mesuré la nuit.

Cet essai ne portait que sur 39 personnes, ronfleurs simples ou apnéiques légers à modérés : c’est encourageant, pas encore établi. Les exercices, eux, ne coûtent rien.

Ce qui n’a pas fait ses preuves :

  • L’homéopathie. En 2019, la Haute Autorité de santé a conclu pour les médicaments homéopathiques à « une efficacité insuffisante pour être proposés au remboursement ».
  • Les écarteurs de narines contre l’apnée : une méta-analyse de 2016 ne leur trouve aucun effet significatif, ni sur l’apnée ni sur le ronflement des personnes apnéiques. Pour un ronflement sans apnée, les données sont minces (voir la dernière section).

Si ces mesures ne suffisent pas, d’autres solutions passent par un professionnel. L’orthèse d’avancée mandibulaire est une gouttière fabriquée par un dentiste formé ; les modèles réglables font mieux que ceux « à mouler » vendus en libre-service.

Certaines obstructions, comme des polypes, de grosses amygdales ou une cloison déviée, peuvent aussi s’opérer. Les étapes sont détaillées dans arrêter de ronfler, les remèdes de grand-mère y sont passés au crible et l’opération du ronflement explique ce que fait le chirurgien.

Pour la personne qui dort à côté, le Manuel MSD cite les bouchons d’oreille, le bruit blanc et parfois une chambre séparée, sans que ce soit un échec de couple. Notre sélection de bouchons d’oreilles pour dormir aide à choisir.

Combien de décibels fait un ronflement ?

Dans une étude de 2019 sur 162 ronfleurs enregistrés en laboratoire, le niveau médian du ronflement était d’environ 45 décibels. Deux ronfleurs sur trois dépassaient 45 décibels, niveau au-delà duquel le sommeil est souvent perturbé, selon les repères de l’Organisation mondiale de la santé cités par l’étude.

Niveau sonore Ce qu’il représente
40 dB Seuil à partir duquel l’étude de 2019 compte un bruit de respiration comme un ronflement
45 dB Niveau médian des ronfleurs de l’étude ; au-delà, le sommeil est souvent perturbé, selon les repères de l’OMS
53 dB Seuil de nuisance sonore retenu par l’étude ; 14 % des ronfleurs le dépassaient
93 dB Record du monde Guinness, mesuré en 1993 dans un hôpital suédois, chez un homme atteint d’apnée du sommeil

Et un ronflement à 70 décibels ? Il dépasse nettement la médiane de cette étude et son seuil de nuisance de 53 dB.

Les auteurs montrent aussi que plus un ronflement est fort et fréquent, plus le risque d’apnée est élevé. Un ronflement très fort et constant fait d’ailleurs partie des signes d’alerte du tableau plus haut.

Le chiffre de 111,6 décibels qui circule en ligne vient d’un article de presse britannique de 2009. La mesure a été prise pendant un « camp » anti-ronflement, sans méthode publiée.

Ronfler enceinte, est-ce normal ?

Oui, c’est fréquent, surtout en fin de grossesse, et cela mérite d’être signalé à la sage-femme ou au médecin. Dans une étude suédoise, le ronflement habituel passait de 7,9 % des femmes au premier trimestre à 21,2 % au troisième.

Les études menées en fin de grossesse trouvent de 12 à 49 % de ronfleuses régulières au troisième trimestre. Une étude américaine sur 1 673 femmes relève 26 % de ronflements apparus pendant la grossesse.

Le ronflement étant le signe principal de l’apnée du sommeil, on le signale au prochain rendez-vous de suivi ; avec des pauses ou une forte somnolence, on consulte rapidement. Les pages sur le sommeil pendant la grossesse et sur le ronflement chez la femme vont plus loin.

Un enfant qui ronfle, faut-il s’inquiéter ?

Un enfant qui ronfle plusieurs nuits par semaine doit voir un médecin, pour écarter une apnée du sommeil. Celle-ci touche 1 à 4 % des enfants, d’après Le Quotidien du Médecin.

On consulte aussi si le ronflement est très bruyant, si l’enfant dort souvent bouche ouverte, la tête basculée en arrière, ou si on l’entend faire des pauses ou haleter. D’autres signes d’apnée comptent : hyperactivité ou difficultés de concentration à l’école, pipi au lit, sueurs nocturnes.

C’est assez répandu. Une grande étude américaine relève 6,8 % de ronfleurs réguliers à 9-10 ans, et une étude anglaise 13 % à 4 ans.

Chez l’enfant, la cause la plus courante est le volume des amygdales et des végétations. Si elles gênent beaucoup le sommeil, le médecin peut proposer de les retirer.

Pour les tout-petits, la page sur le bébé qui ronfle répond aux questions des parents.

Écarteur de narines : lequel choisir si votre nez est en cause ?

Un écarteur de narines ne vaut d’être essayé que si le nez participe au ronflement : à glisser dans la narine si vous le supportez, à poser sur le nez sinon. Il s’achète sans ordonnance, mais il ne traite pas l’apnée du sommeil.

En cas de signe d’alerte (pauses respiratoires, somnolence dans la journée, ronflement très fort et constant), on consulte avant d’acheter quoi que ce soit.

Pour savoir si le nez est en cause, le médecin l’examine à la recherche d’une obstruction. Un nez souvent bouché, une allergie, une cloison déviée ou des polypes connus sont les pistes à lui signaler.

Ce qu’on sait de l’effet des écarteurs reste mince. Dans une étude italienne sans groupe témoin, sur 41 ronfleurs, un écarteur interne et une bandelette externe ont tous deux réduit la durée du ronflement.

L’écarteur interne y a marché chez davantage de personnes. C’est un indice, pas une preuve : la bandelette de l’étude était une Breathe Right de version non précisée, et l’écarteur interne n’était pas l’Airmax.

Trois critères départagent les modèles :

  • La forme : à l’intérieur de la narine, il écarte directement le passage ; à l’extérieur, il laisse le nez libre mais tient par un adhésif.
  • Les tailles : un lot de plusieurs tailles permet de trouver la sienne ; toutes les fiches ne disent pas combien sont fournies.
  • Ce qui se rachète : les bandelettes pour un modèle externe, l’écarteur entier pour un modèle interne, au rythme que donne la fiche ou, à défaut, la notice de la boîte.

Les deux modèles retenus, l’un interne et l’autre externe, sont présentés plus bas d’après les fiches des fabricants. Le guide des solutions anti-ronflement compare aussi orthèses, oreillers et ceintures.

Les produits en détail

À glisser dans les narines

Airmax, pack d’essai

Pour un nez qui se bouche la nuit, si un objet dans la narine ne vous gêne pas

Airmax, pack d’essai

8e des ventes en « Dispositifs anti-ronflement » sur Amazon

Points forts

  • S’insère à l’entrée du nez et écarte les narines de l’intérieur
  • Le pack d’essai contient une petite et une moyenne taille, pour trouver la sienne
  • Vendu sur Amazon par la marque elle-même (relevé du 18/10/2026)

Limites

  • N’agit que si le ronflement vient du nez ; il ne traite pas l’apnée du sommeil
  • Deux tailles seulement : certains nez ne trouvent pas leur ajustement
  • Se remplace tous les trois mois, selon la fiche du produit

14,75 € Voir sur Amazon

À coller sur le nez

Breathe Right Sensitive, bandelettes nasales

Pour les personnes qui ne supportent rien à l’intérieur de la narine, peau sensible comprise

Breathe Right Sensitive, bandelettes nasales

Points forts

  • Se colle sur le nez, sans rien glisser dans la narine
  • Transparente et sans principe actif (aucun médicament) ; la fiche la dit adaptée aux peaux sèches et sensibles
  • Vendue et expédiée par Amazon (relevé du 18/10/2026)

Limites

  • N’agit que si le ronflement vient du nez ; elle ne traite pas l’apnée du sommeil
  • Boîte de 30 bandelettes : il faut en racheter au fil des nuits
  • La fiche ne dit ni combien de temps garder une bandelette ni s’il existe plusieurs tailles : lire la notice de la boîte

23,79 € Voir sur Amazon

Questions fréquentes

Quel remède homéopathique contre le ronflement chez la femme ?

Aucun n’a fait ses preuves, chez la femme comme chez l’homme. En 2019, la Haute Autorité de santé a conclu pour les médicaments homéopathiques à « une efficacité insuffisante pour être proposés au remboursement ». Mieux vaut commencer par dormir sur le côté et éviter l’alcool le soir.

Qu’est-ce que la ronchopathie ?

C’est le nom médical du ronflement. Un ronflement très fort et constant se fait examiner, car il fait partie des signes d’alerte de l’apnée du sommeil.

Est-ce bon signe de ronfler ?

Pas particulièrement. Beaucoup de ronfleurs n’ont pas d’apnée du sommeil, selon le Manuel Merck, mais un ronflement avec des pauses respiratoires ou une somnolence dans la journée doit faire consulter.

L’apnée du sommeil peut-elle provoquer des ronflements ?

Oui. La plupart des personnes atteintes d’apnée obstructive du sommeil ronflent, selon le Manuel Merck. Un ronflement avec des pauses respiratoires remarquées par le partenaire doit faire consulter.

Pourquoi se met-on à ronfler en vieillissant ?

Le Manuel MSD compte l’âge, au-delà de 50 ans, parmi les facteurs du ronflement, sans en détailler le mécanisme. Une prise de poids, l’alcool le soir ou la ménopause peuvent s’y ajouter.

La rédaction Somnologie, mis à jour le 3 novembre 2026

Cette page informe, elle ne remplace pas une consultation. Si le trouble dure ou gêne vos journées, parlez-en à votre médecin.