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Somnologie

Plantes pour dormir : lesquelles aident vraiment, avec quelle preuve ?

Pour chaque plante, ce que reconnaît l’Agence européenne des médicaments et ce que montrent les essais, puis les précautions : médicaments, grossesse, enfant.

Mis à jour le Par la rédaction Somnologie

Bouquet de fleurs de passiflore, lavande, valériane et feuilles de tilleul dans un petit vase vert sauge

L'essentiel

Aucune plante n’est reconnue comme un somnifère : l’EMA ne parle que de troubles légers du sommeil. Valériane, passiflore, aubépine, mélisse, houblon et escholtzia y ont un usage traditionnel reconnu en Europe.

Dans ce dossier

Sommaire 10 parties
  1. Quelles plantes aident à dormir, et que prouvent-elles ?
  2. La valériane fait-elle vraiment dormir ?
  3. Existe-t-il un somnifère naturel puissant ?
  4. Que trouve-t-on en pharmacie sans ordonnance ?
  5. Quelles précautions prendre avec les plantes pour dormir ?
  6. Peut-on prendre des plantes pour dormir pendant la grossesse ?
  7. Quelles plantes pour un enfant ou un bébé ?
  8. Quel est le plus vieux somnifère naturel ?
  9. Et la menthe, le ginseng, la rhodiola ou la griffonia ?
  10. Quand en parler à un médecin ?

Quand les nuits se gâtent, la pharmacie propose vite une tisane ou des gélules « sommeil », et on ne sait plus quoi croire. On fait le point sur ce que l’Agence européenne des médicaments (EMA) reconnaît pour chacune des plantes pour dormir les plus courantes.

Quelles plantes aident à dormir, et que prouvent-elles ?

Parmi les plantes les plus courantes, six ont un usage reconnu par l’EMA pour aider le sommeil, le plus souvent sur la base d’un long usage plutôt que d’essais solides. Ce statut s’appelle « usage traditionnel » : il repose exclusivement sur un usage médicinal ancien, pas sur des résultats d’essais cliniques.

Plante Ce que dit l’EMA Ce que montrent les essais
Valériane Usage traditionnel pour le stress mental léger et l’aide au sommeil, à partir de 12 ans ; usage « bien établi » (essais cliniques publiés) pour une seule préparation, un extrait sec à l’éthanol Deux revues d’essais, résumées plus bas
Passiflore Usage traditionnel pour le stress mental léger et l’aide au sommeil, à partir de 12 ans Pas d’essai chiffré cité par l’EMA
Aubépine Usage traditionnel pour le stress mental léger et l’aide au sommeil, à partir de 12 ans Pas d’essai chiffré cité par l’EMA
Mélisse Usage traditionnel pour le stress léger et l’aide au sommeil, à partir de 12 ans Une petite étude sur l’anxiété et les troubles du sommeil légers à modérés, examinée par l’EMA
Houblon Usage traditionnel pour le stress mental léger et l’aide au sommeil, à partir de 12 ans Les essais associaient houblon et valériane : pas de conclusion pour le houblon seul
Escholtzia Usage traditionnel pour le stress mental léger et l’aide au sommeil, adultes seulement Quelques essais, dont un chez des personnes qui dormaient mal, suggérant un effet positif

Pour chacune des six, l’EMA demande de consulter un médecin ou un professionnel de santé si les symptômes persistent au-delà de deux semaines. Pour une tisane en sachets, voir aussi la page tisane pour dormir.

L’EMA reconnaît aussi l’huile essentielle de lavande, présentée sur la page huiles essentielles.

La valériane fait-elle vraiment dormir ?

Peut-être : les revues vont dans le sens d’un bénéfice, mais leurs études sont de qualité inégale. En 2006, une revue a regroupé six essais où l’on notait si le sommeil s’était amélioré ou non, avec un bénéfice significatif.

Ses auteurs signalent un biais de publication (les essais sans effet sont moins publiés), des problèmes de méthode dans la plupart des études, et des doses très variables. Une revue de 2020 a retenu 60 études, dont dix (1 065 personnes) analysées pour la qualité du sommeil ressentie, et juge la valériane possiblement sûre et efficace.

Existe-t-il un somnifère naturel puissant ?

Non : aucune plante n’est reconnue comme un somnifère. L’EMA parle de symptômes légers, et aucune source ne compare les plantes entre elles pour désigner la plus efficace.

Pour une insomnie qui dure, la HAS (Haute Autorité de santé) place les thérapies cognitivo-comportementales en première intention devant toute insomnie autre qu’occasionnelle. Un hypnotique, le nom médical d’un somnifère, ne vient qu’en seconde intention et pour une courte durée.

Voir la page somnifères et la thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie (TCC-I). Pour les produits qui visent l’anxiété, voir anxiolytique naturel.

Que trouve-t-on en pharmacie sans ordonnance ?

Des médicaments à base de plantes et des compléments alimentaires, deux statuts qu’il ne faut pas confondre. Selon Ameli, un médicament est conçu pour guérir ou corriger les symptômes d’une maladie, ce qu’un complément n’est pas.

Lequel est vendu sans ordonnance se lit sur la boîte et se demande au pharmacien. Pour un complément, donnez au pharmacien ou au médecin sa composition avant de le prendre, comme le conseille l’Assurance Maladie.

Quelles précautions prendre avec les plantes pour dormir ?

Les plantes ne sont pas sans risque, surtout si vous prenez déjà un médicament. Quatre points reviennent dans les sources.

  • Le millepertuis n’est pas une plante du sommeil : il sert surtout à la dépression légère à modérée, et Vidal lui connaît plus de 70 substances qui interagissent. Le résumé officiel d’un médicament qui en contient (ANSM) contre-indique l’association avec plusieurs médicaments, dont les anticoagulants oraux et la ciclosporine, et la déconseille avec la pilule.
  • La valériane peut renforcer la somnolence de somnifères, de tranquillisants ou d’antidépresseurs, selon Vidal.
  • La valériane peut diminuer la vigilance : l’EMA déconseille de conduire ou d’utiliser des machines pendant la prise, et Vidal prévient du même risque.
  • La valériane est contre-indiquée en cas de troubles du foie, par précaution, selon Vidal.

Si vous prenez déjà un somnifère, n’ajoutez aucune plante sédative sans l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

Peut-on prendre des plantes pour dormir pendant la grossesse ?

Demandez d’abord l’avis d’un médecin ou d’une sage-femme. L’EMA indique que la valériane n’est pas recommandée pendant la grossesse ni l’allaitement, et Vidal rapporte que l’OMS et les Instituts nationaux de la santé américains déconseillent le millepertuis.

Vidal déconseille la passiflore pendant la grossesse, et Santé Canada contre-indique l’escholtzia. Pour l’aubépine, la mélisse et le houblon, les sources ne répondent pas : cela ne veut pas dire que c’est sans risque.

Sur les nuits difficiles de la grossesse, voir insomnie pendant la grossesse.

Quelles plantes pour un enfant ou un bébé ?

Aucune sans l’avis d’un pédiatre ou d’un médecin. L’EMA ne recommande pas la valériane avant 12 ans et réserve la passiflore, l’aubépine, la mélisse et le houblon aux plus de 12 ans.

L’escholtzia est réservée aux adultes, et pour les bébés et les plus petits, les sources officielles n’indiquent aucune plante pour le sommeil. Voir le sommeil de l’enfant.

Quel est le plus vieux somnifère naturel ?

On ne peut pas l’affirmer : aucune source ne désigne le plus ancien. L’histoire d’une « plante de la joie » sumérienne, citée comme première trace de l’opium, repose selon un historien sur des suppositions très fragiles, relevées par le biologiste Abraham Krikorian.

Côté valériane, Vidal rappelle que son usage pour le sommeil remonte à l’Antiquité, Hippocrate, Dioscoride et Galien en parlant déjà. Le pavot somnifère est la plante dont on tire l’opium ; ce n’est pas l’escholtzia.

Et la menthe, le ginseng, la rhodiola ou la griffonia ?

Aucune n’est retenue pour le sommeil par les sources officielles. Pour le ginseng, l’EMA retient la fatigue et la faiblesse (l’asthénie), et la page de l’EMA sur la rhodiola ne parle pas de sommeil.

Pour la menthe, l’EMA retient la digestion pour la feuille et les douleurs du ventre pour l’huile essentielle, pas le sommeil.

Un essai a réparti 120 patients atteints de cancer en trois groupes (lavande, menthe, eau distillée aromatique), avec un meilleur score de sommeil dans les deux groupes d’huile essentielle. Il ne dit rien de la tisane.

Pour la bacopa, la griffonia, le coquelicot et la fleur d’oranger, aucune page sur le sommeil n’a été trouvée sur le site de l’EMA.

D’autres produits naturels ont leur page : mélatonine, ashwagandha, CBD et huiles essentielles.

Quand en parler à un médecin ?

Si le sommeil ne s’améliore pas après deux semaines de plante, ou si vous prenez un traitement. Une insomnie qui s’installe mérite un avis médical.

Voir que faire quand l’insomnie dure et la page insomnie.

Questions fréquentes

Quels sont les médicaments à base de plantes pour dormir sans ordonnance ?

L’EMA reconnaît un usage traditionnel à la valériane, la passiflore, l’aubépine, la mélisse, le houblon et l’escholtzia, sous forme de médicaments à base de plantes. Les compléments alimentaires sont un autre statut : la boîte et votre pharmacien disent ce qui se vend sans ordonnance.

Quelle est la plante la plus efficace pour le sommeil ?

Aucune plante ne se détache : l’EMA leur reconnaît le même usage traditionnel, surtout sur la base d’un long usage et non d’essais solides. Pour la valériane, deux revues d’essais vont dans le sens d’un bénéfice, de qualité inégale.

Quel est le somnifère naturel le plus puissant ?

Non : aucune plante n’est reconnue comme un somnifère, l’EMA parle de symptômes légers. Pour une insomnie qui dure, la HAS recommande d’abord les thérapies cognitivo-comportementales, avant tout médicament.

Qu’est-ce qui peut remplacer un somnifère ?

Devant toute insomnie autre qu’occasionnelle, la HAS place en premier les thérapies cognitivo-comportementales. Un somnifère en cours ne s’arrête pas brutalement : parlez-en à votre médecin.

La menthe a-t-elle un effet sur le sommeil ?

L’EMA ne la retient pas pour le sommeil : la feuille sert à la digestion, l’huile essentielle aux douleurs du ventre. Un essai a testé son huile essentielle en inhalation auprès de 120 patients atteints de cancer répartis en trois groupes, pas la tisane.

Quel est le plus vieux somnifère naturel au monde ?

On ne peut pas l’affirmer. La plante de la joie sumérienne, souvent citée pour l’opium, repose sur des suppositions très fragiles selon un historien. Vidal date l’usage de la valériane pour le sommeil de l’Antiquité.

Peut-on prendre des plantes pour dormir pendant la grossesse ?

Demandez d’abord l’avis d’un médecin ou d’une sage-femme. L’EMA ne recommande pas la valériane pendant la grossesse ni l’allaitement, Vidal déconseille la passiflore, Santé Canada contre-indique l’escholtzia et le millepertuis est déconseillé.

Quelle plante donner à un enfant ou à un bébé pour dormir ?

Aucune sans l’avis d’un pédiatre ou d’un médecin. L’EMA réserve la valériane, la passiflore, l’aubépine, la mélisse et le houblon aux plus de 12 ans, et l’escholtzia aux adultes. Aucune plante n’est indiquée pour les plus petits.

Quelle plante ne pas prendre avec un médicament ?

Le millepertuis, qui modifie l’effet de très nombreux médicaments, dont la pilule et les anticoagulants. La valériane peut aussi renforcer la somnolence de somnifères et de tranquillisants.

La rédaction Somnologie, mis à jour le 3 novembre 2026