Zopiclone (Imovane) : posologie, effets secondaires et arrêt
Ce que disent ses documents officiels, la Haute Autorité de santé et l’Agence du médicament : la dose, les effets secondaires, les dangers, l’ordonnance, le prix et la façon d’arrêter.

Fiche en bref
- Molécule
- Zopiclone
- Famille
- Somnifère apparenté aux benzodiazépines
- Ordonnance
- Oui, ordonnance ordinaire, pas sécurisée (au 18/10/2026)
- Remboursement
- 15 % par l’Assurance maladie
- Dose habituelle
- 7,5 mg au coucher, 3,75 mg après 65 ans
- Durée maximale
- 4 semaines, arrêt progressif compris
- Génériques
- Oui, sous le nom zopiclone
L'essentiel
La zopiclone, vendue sous le nom d’Imovane et en génériques, est un somnifère sur ordonnance apparenté aux benzodiazépines. Chez l’adulte, la dose habituelle est de 7,5 mg au coucher, 3,75 mg après 65 ans, pendant 4 semaines au plus, arrêt progressif compris.
Sommaire 4 parties
Quand on vous a prescrit de l’Imovane, ou qu’une boîte traîne dans le tiroir, on aimerait savoir exactement ce qu’on avale.
Ce comprimé aide à passer quelques nuits difficiles, pas à régler une insomnie qui dure. C’est ce que disent ses documents officiels, la notice et le résumé destiné aux médecins (RCP), ainsi que la Haute Autorité de santé (HAS).
Qu’est-ce que la zopiclone, et à quoi sert-elle ?
La zopiclone est un hypnotique, c’est-à-dire un somnifère, de la famille chimique des cyclopyrrolones. Sa notice la dit apparentée aux benzodiazépines, la famille de calmants et de somnifères à laquelle appartient par exemple le Lexomil.
Elle est autorisée en France depuis 1984 sous le nom d’Imovane, un médicament du laboratoire Sanofi. Son indication est étroite : le traitement court des troubles sévères du sommeil chez l’adulte.
Le RCP cite deux cas, l’insomnie occasionnelle, comme lors d’un voyage, et l’insomnie transitoire, après un événement grave. L’insomnie qui dure depuis des mois n’en fait pas partie.
Elle agit sur des récepteurs du cerveau liés au GABA, une substance qui freine l’activité des neurones, comme les benzodiazépines. Selon le RCP, elle allonge le sommeil et réduit les réveils de la nuit et du petit matin.
Imovane et zopiclone désignent donc la même molécule. Les génériques portent le nom zopiclone suivi du laboratoire, par exemple Zopiclone Biogaran, Zopiclone Arrow Lab ou Zopiclone Teva Santé, et appartiennent au même groupe générique que l’Imovane 7,5 mg.
Comment prend-on la zopiclone 7,5 mg ?
Les informations ci-dessous sont indicatives : c’est votre médecin qui fixe la dose et la durée. Selon la notice, le comprimé se prend en une seule fois, le soir, au lit, juste avant de dormir, avec un verre d’eau.
Si l’on prend le comprimé au lit, c’est que les benzodiazépines et apparentés agissent en 20 minutes environ, selon le Vidal, et qu’être couché évite de tomber. La notice demande aussi de pouvoir dormir 7 à 8 heures d’affilée, pour limiter les trous de mémoire et la maladresse.
| Situation | Dose indiquée par le RCP |
|---|---|
| Adulte de moins de 65 ans | 7,5 mg par jour, soit un comprimé |
| Plus de 65 ans | 3,75 mg par jour, exceptionnellement 7,5 mg |
| Maladie du foie non grave (une maladie grave l’interdit), ou insuffisance respiratoire modérée | 3,75 mg par jour |
| Insuffisance des reins | 3,75 mg par jour pour commencer |
| Moins de 18 ans | Non recommandée |
Dans tous les cas, la dose ne dépasse pas 7,5 mg par jour. Le comprimé d’Imovane 7,5 mg est sécable : il se coupe en deux parts égales, et un générique existe aussi à 3,75 mg.
Le RCP prévoit 2 à 5 jours pour une insomnie occasionnelle, 2 à 3 semaines pour une insomnie transitoire. Il fixe un plafond de 4 semaines, période de baisse des doses comprise.
Sa demi-vie, le temps qu’il faut au corps pour éliminer la moitié du produit, est d’environ 5 heures, selon le RCP et l’Agence du médicament (ANSM). Cette demi-vie de 5 heures est plus longue que celle du zolpidem (Stilnox), 2,4 heures en moyenne.
Sa concentration la plus haute dans le sang arrive 1 h 30 à 2 heures après la prise. Chez la personne âgée, la demi-vie passe à 7 heures en moyenne, selon le RCP.
Le Vidal range l’Imovane parmi les somnifères à durée d’action moyenne, indiqués quand l’insomnie se manifeste par des réveils en milieu de nuit. On le prend pourtant toujours au coucher : selon le Vidal, un somnifère ne doit jamais servir à soulager un réveil au milieu de la nuit.
En cas d’oubli, on prend la dose suivante le lendemain soir, à l’heure habituelle, sans la doubler, selon la notice. Et si le comprimé semble moins efficace avec le temps, on n’augmente pas la dose : on en parle à son médecin.
La zopiclone est-elle dangereuse ?
Prise quelques nuits comme prescrite, elle expose surtout à de la somnolence et à un goût amer ; prolongée, elle peut créer une dépendance. Selon le RCP, les risques graves augmentent avec l’alcool, les autres médicaments qui font dormir et les doses trop fortes.
Quels sont les effets secondaires d’Imovane ?
Selon la notice, trois effets touchent 1 à 10 personnes sur 100. Ce sont la somnolence ou la baisse de vigilance, surtout après 65 ans, un goût amer dans la bouche et la bouche sèche.
Le goût amer n’est donc pas systématique : le RCP le classe parmi les effets fréquents, pas parmi les très fréquents.
Moins souvent, chez 1 à 10 personnes sur 1 000, viennent des sensations d’ivresse, des maux de tête, de l’agitation, des cauchemars, de la fatigue ou des nausées. Plus rarement encore, des trous de mémoire après la prise, une gêne pour respirer, des chutes chez les personnes âgées.
Pour le foie, la notice signale, très rarement, une hausse des enzymes du foie, exceptionnellement une vraie atteinte. Une maladie grave du foie interdit la zopiclone.
Très rarement aussi, chez moins d’une personne sur 10 000, le visage ou le cou gonfle brutalement et gêne la respiration, ou une allergie grave survient : appelez le 15.
Le matin, la vigilance peut rester diminuée : le RCP demande au moins 12 heures de repos entre la prise et la conduite. La notice interdit aussi de conduire tant qu’on se sent somnolent.
Un comprimé pris à 23 h, cela veut dire pas de volant avant 11 h le lendemain. Et passé ces 12 heures, ce n’est pas un feu vert : demandez à votre médecin quand reprendre le volant.
La boîte porte le pictogramme « Attention, danger : ne pas conduire », au niveau 3, le plus élevé.
La zopiclone peut aussi provoquer des gestes faits sans être complètement réveillé, comme conduire, manger ou téléphoner, sans souvenir le lendemain. Cela peut arriver dès la première prise, selon le RCP.
Le RCP et la notice demandent alors d’arrêter le traitement aussitôt et de contacter votre médecin ou votre pharmacien. Ces épisodes nocturnes ont leur propre page, sur le somnambulisme.
Une agressivité inhabituelle dans les heures qui suivent la prise impose aussi l’arrêt, selon la notice.
Peut-on prendre deux comprimés de zopiclone ?
Non : la notice interdit de reprendre un comprimé la même nuit et plafonne la dose à 7,5 mg par jour. Après 65 ans, la dose habituelle est même moitié moindre.
Si vous avez pris plus que la dose prescrite, la notice demande de contacter immédiatement votre médecin, votre pharmacien ou les urgences.
Appelez le 15, le numéro du Samu, si la personne est difficile à réveiller, confuse, tient mal debout ou respire lentement. Faites de même si de l’alcool ou un autre médicament qui fait dormir s’y ajoute : selon le RCP, ces mélanges peuvent menacer la vie.
Avec quoi ne faut-il pas la prendre ?
L’alcool est formellement déconseillé pendant tout le traitement, selon la notice. Il renforce l’effet sédatif et rend la conduite dangereuse.
Avec les opioïdes, médicaments puissants contre la douleur ou traitements de substitution, la zopiclone peut entraîner une respiration ralentie, un coma, voire un décès. Les autres somnifères, les calmants et certains médicaments contre la toux additionnent aussi leurs effets.
Selon le RCP, c’est aussi le cas des antidépresseurs qui font dormir, comme la mirtazapine, et des neuroleptiques, médicaments de certains troubles mentaux comme les psychoses. Même chose pour les antihistaminiques sédatifs, comme la doxylamine du Donormyl, et pour le baclofène, un relaxant musculaire.
L’oxybate de sodium, un traitement de la narcolepsie, est déconseillé avec la zopiclone. Associée à la zopiclone, la clozapine, un neuroleptique prescrit dans la schizophrénie, expose à un risque accru d’arrêt respiratoire ou cardiaque.
La rifampicine, un antibiotique, peut réduire son efficacité, et certains antibiotiques ou antifongiques en renforcent un peu l’effet. Montrez la liste complète de vos traitements à votre médecin et à votre pharmacien.
Qui ne doit pas en prendre ?
La notice interdit la zopiclone dans ces situations :
- une allergie à la zopiclone ou à un autre composant du comprimé ;
- une insuffisance respiratoire grave ;
- une maladie grave du foie ;
- un syndrome d’apnée du sommeil, avec des arrêts de la respiration pendant la nuit ;
- une myasthénie, une maladie des muscles ;
- une allergie au blé, présent dans le comprimé sous forme d’amidon ;
- des épisodes de somnambulisme ou d’autres gestes faits en dormant après une prise de zopiclone.
Après 65 ans, la somnolence et le relâchement des muscles favorisent les chutes, aux conséquences souvent graves, rappelle la notice. La page sur le sommeil des seniors détaille les autres pistes.
Pendant la grossesse, le RCP déconseille la zopiclone par prudence, quel qu’en soit le terme, et la notice l’allaitement, car elle passe dans le lait. Le CRAT, centre de référence sur les médicaments pendant la grossesse, l’admet pourtant si un somnifère reste nécessaire, le moins longtemps possible.
Enceinte, n’en prenez pas sans en parler à votre médecin ou à votre sage-femme. Et prévenez l’équipe de la maternité si vous en avez pris avant l’accouchement.
La zopiclone ne traite pas la dépression, insiste la notice. Si des idées suicidaires apparaissent, contactez votre médecin le plus tôt possible, ou appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert jour et nuit.
Pourquoi ne faut-il pas l’arrêter d’un coup ?
Parce qu’un arrêt brutal peut provoquer un sevrage, selon la notice : maux de tête, anxiété, douleurs musculaires, irritabilité, confusion, parfois hallucinations ou convulsions. L’insomnie peut aussi revenir plus fort pendant 1 à 2 jours, c’est le rebond décrit par le Vidal.
Le risque de dépendance augmente avec la dose et la durée, et il est plus fort au-delà de 4 semaines, selon la notice. Cette dépendance peut aussi toucher des personnes sans facteur de risque.
Pour arrêter, le médecin baisse les doses et espace les prises peu à peu. Après plus d’un mois de prise quotidienne, la HAS prévoit le plus souvent 4 à 10 semaines de baisse, et plusieurs mois après une longue prise ou à forte dose.
Un traitement très bref, de 2 à 5 jours, ne demande pas d’arrêt progressif, selon la HAS. Entre quelques jours et plusieurs mois de prise, demandez à votre médecin comment arrêter avant de sauter une prise.
Si des signes légers apparaissent pendant la baisse, la HAS conseille de revenir au palier précédent, puis de descendre plus lentement. Si des signes sans gravité apparaissent après l’arrêt complet, elle recommande de ne pas reprendre le traitement : avec de l’information et du soutien, ils passent le plus souvent.
Devant des signes graves, comme une confusion, des hallucinations, des troubles de la vigilance ou des convulsions, la HAS prévoit une hospitalisation. Appelez le 15.
Pendant l’arrêt, la HAS ne voit pas d’argument pour un autre médicament et mise sur un accompagnement sans médicament. Une TCC de l’insomnie, thérapie qui agit sur les habitudes et les pensées autour du sommeil, est proposée en premier dès que l’insomnie n’est plus occasionnelle.
Réduire la dose est déjà un résultat favorable, pour la HAS. Si une tentative échoue, on recommence plus tard : vous n’y êtes pour rien.
La zopiclone est-elle sur ordonnance sécurisée ?
Non : au 18/10/2026, la zopiclone se prescrit sur une ordonnance ordinaire, contrairement au zolpidem, selon la base publique des médicaments et Meddispar, le site de l’Ordre des pharmaciens. Elle est inscrite sur la liste I, celle des médicaments délivrés seulement sur ordonnance, et sa prescription est limitée à 4 semaines.
Pour le zolpidem, le nombre de comprimés s’écrit en toutes lettres.
En 2025, l’ANSM a demandé des boîtes de 5 à 7 comprimés, soit une semaine de traitement. L’Imovane existe aujourd’hui en boîtes de 5 et de 14 comprimés.
Au 18/10/2026, l’Imovane coûte 1,98 € la boîte de 14 et 1,01 € la boîte de 5, hors honoraire du pharmacien, selon la base publique des médicaments et le Vidal. Avec cet honoraire, la boîte de 14 revient à 3,00 €.
L’Assurance maladie la rembourse à 15 %, comme le Zopiclone Biogaran, affiché à 1,83 € la boîte de 14 hors honoraire, 2,85 € avec.
Zopiclone et zolpidem sont souvent confondus. Voici ce qui les sépare, d’après leurs RCP et la base publique des médicaments :
| Zopiclone (Imovane) | Zolpidem (Stilnox) | |
|---|---|---|
| Ordonnance | Ordinaire, liste I | Sécurisée, comprimés en toutes lettres |
| Durée maximale | 4 semaines | 4 semaines |
| Demi-vie | Environ 5 heures | 2,4 heures en moyenne |
| Pas de conduite pendant au moins | 12 heures après la prise | 8 heures de sommeil après la prise |
| Remboursement | 15 % | 15 % |
Pour comparer avec les autres familles de somnifères, la page somnifère les classe par durée et par risque. Et pour comprendre d’où viennent vos nuits courtes, le dossier sur l’insomnie fait le tour des causes.
Questions fréquentes
Est-ce que la zopiclone est un anxiolytique ?
Non, pas pour l’anxiété : elle n’est autorisée que contre l’insomnie de courte durée chez l’adulte. Sa fiche officielle destinée aux médecins (RCP) lui reconnaît une activité anxiolytique, comme aux benzodiazépines, mais aucun usage contre l’anxiété.
Quelle est la différence entre l’Imovane et la zopiclone ?
Aucune sur le fond : Imovane est le nom commercial de la zopiclone, chez Sanofi. Les génériques, comme Zopiclone Biogaran ou Zopiclone Arrow Lab, appartiennent au même groupe générique que l’Imovane 7,5 mg.
Est-ce qu’Imovane fait dormir ?
Oui : selon sa notice, il allonge le sommeil et réduit les réveils de la nuit. Mais l’effet reste modeste : la HAS l’estime à une vingtaine de minutes gagnées sur l’endormissement pour cette famille de somnifères.
Imovane agit en combien de temps ?
Les benzodiazépines et apparentés agissent en 20 minutes environ, selon le Vidal, d’où la consigne de le prendre au lit. La concentration la plus haute dans le sang est atteinte 1 h 30 à 2 heures après la prise, selon le RCP.
Quel est le somnifère le plus puissant ?
Aucun ne se détache parmi les benzodiazépines et apparentés : selon la HAS, les données ne montrent pas de différence d’efficacité entre zopiclone, zolpidem et benzodiazépines hypnotiques.
Comment remplacer la zopiclone ?
La HAS ne voit pas d’argument pour un autre médicament pendant l’arrêt. Elle mise sur un accompagnement sans médicament et, dès que l’insomnie n’est plus occasionnelle, sur une thérapie cognitivo-comportementale (TCC).
Combien coûte l’Imovane ?
Au 18/10/2026, la boîte de 14 comprimés coûte 1,98 €, et 3,00 € avec l’honoraire du pharmacien, selon la base publique des médicaments. Elle est remboursée à 15 % par l’Assurance maladie.
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