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Somnologie

Rivotril (clonazépam) : pour dormir ? Usage, gouttes, effets et arrêt

Ce que disent ses textes officiels, la Haute Autorité de santé et Vidal : à quoi il sert, pourquoi l’ordonnance est sécurisée, les gouttes, les risques et l’arrêt.

Mis à jour le 6 min de lecturePar la rédaction Somnologie

Une personne en pyjama devant une armoire à pharmacie vitrée verte contenant des boîtes blanches, la main sur la porte

Le Rivotril en bref

Molécule
Clonazépam
Famille
Benzodiazépine, classée parmi les antiépileptiques
Indications
Épilepsie de l’adulte et de l’enfant. Pas l’insomnie
Ordonnance
Oui. Comprimés et gouttes : ordonnance sécurisée, 12 semaines, première prescription par un neurologue ou un pédiatre. Injectable : pas d’ordonnance sécurisée requise
Remboursement
65 %
Formes
Comprimé de 2 mg quadrisécable, gouttes à 2,5 mg/ml, solution injectable
Demi-vie
30 à 40 heures (temps pour que la quantité dans le sang baisse de moitié)

L'essentiel

Le Rivotril (clonazépam), une benzodiazépine, traite l’épilepsie. L’insomnie ne figure pas dans ses indications, donc le prendre pour dormir est hors AMM ; il peut rendre dépendant, et son arrêt doit être progressif, avec votre médecin.

Sommaire 7 parties
  1. À quoi sert le Rivotril ?
  2. Peut-on prendre du Rivotril pour dormir ?
  3. Qui peut prescrire du Rivotril, et que coûte-t-il ?
  4. Rivotril en gouttes, comprimés ou injectable : quelle différence ?
  5. Quels sont les effets secondaires du Rivotril ?
  6. Le Rivotril rend-il dépendant, et peut-on l’arrêter seul ?
  7. Qui ne doit pas prendre de Rivotril, et avec quoi ne pas l’associer ?

Rivotril est le nom de marque du clonazépam, une benzodiazépine. Selon son résumé officiel, le texte de référence des médecins, cette famille de médicaments calme l’anxiété, relâche les muscles et endort.

L’insomnie ne fait pourtant pas partie de ses indications. Si on vous l’a prescrit pour dormir, vous n’y êtes pour rien : voici ce que disent les textes officiels, pour en parler avec votre médecin.

À quoi sert le Rivotril ?

Il sert à traiter l’épilepsie, chez l’adulte comme chez l’enfant. Son résumé officiel cite les épilepsies généralisées et les épilepsies partielles, en traitement seul ou associé à un autre antiépileptique.

Ce n’est pas un antidépresseur. Sa classe est celle des antiépileptiques, et le résumé rappelle que les benzodiazépines ne doivent pas être prescrites seules en cas de dépression.

Les douleurs, y compris neuropathiques, ne figurent pas dans les indications des résumés officiels des comprimés et des gouttes. En décembre 2011, l’Afssaps, ancêtre de l’ANSM, a publié une mise au point pour arrêter le Rivotril oral utilisé hors AMM, notamment dans la douleur, l’anxiété et le sommeil.

« Hors AMM » veut dire hors de l’autorisation de mise sur le marché : un usage que le médicament n’a pas officiellement.

Peut-on prendre du Rivotril pour dormir ?

Non, ce n’est pas un somnifère : l’insomnie ne figure pas dans ses indications. La Haute Autorité de santé (HAS) rappelle d’ailleurs qu’aucune benzodiazépine n’est indiquée dans l’insomnie chronique.

Le Rivotril rend pourtant somnolent. Son résumé officiel le range parmi les effets indésirables : il peut provoquer une somnolence, une faiblesse musculaire et une baisse de la vigilance.

Le sommeil peut même se dégrader. L’aggravation de l’insomnie et les cauchemars font partie des réactions dites paradoxales, à l’inverse de l’effet attendu, décrites par sa notice.

Une contre-indication compte pour les nuits : l’apnée du sommeil, ces pauses de la respiration pendant la nuit. Si l’on vous a signalé de telles pauses, dites-le à votre médecin avant toute prise.

La page sur l’apnée du sommeil fait le point sur ce trouble. Dès qu’une insomnie n’est plus occasionnelle, la HAS recommande de proposer d’abord une TCC de l’insomnie, une thérapie sans médicament.

La page sur les somnifères passe en revue ceux qui sont prescrits contre l’insomnie. Si vous prenez déjà du Rivotril pour dormir, n’arrêtez pas seul : la suite explique pourquoi.

Qui peut prescrire du Rivotril, et que coûte-t-il ?

Pour les comprimés et les gouttes, il faut une ordonnance sécurisée, d’une durée limitée à 12 semaines. Le médecin l’écrit en toutes lettres, selon la base publique des médicaments et Vidal.

L’injectable, réservé à l’urgence, n’a ni ordonnance sécurisée ni limite de 12 semaines dans son résumé officiel.

Pour les comprimés et les gouttes, la première prescription, renouvelée chaque année, est réservée aux neurologues et aux pédiatres depuis le 15 mars 2012. Les renouvellements intermédiaires peuvent être faits par tout médecin, selon Vidal.

Ces mesures visent à favoriser le bon usage du Rivotril et à limiter son détournement, selon Vidal.

Les comprimés de 2 mg et les gouttes sont remboursés à 65 %. La boîte de 28 comprimés coûte 2,47 € et le flacon de gouttes 2,55 €, honoraire de la pharmacie compris, au 04/11/2026.

Son autre nom est clonazépam : c’est la substance active, celle qui figure aussi sur la boîte.

Rivotril en gouttes, comprimés ou injectable : quelle différence ?

Les trois formes contiennent le même clonazépam, mais ne s’adressent pas aux mêmes personnes. Le tableau les met côte à côte, d’après leurs trois résumés officiels.

Forme Pour qui, selon le résumé officiel Particularité
Comprimé de 2 mg Épilepsie de l’adulte et de l’enfant Quadrisécable. Pas adapté avant 6 ans (risque de fausse route)
Gouttes à 2,5 mg/ml Épilepsie de l’enfant Particulièrement adaptées avant 6 ans. Se prennent à la cuillère ou diluées, jamais directement dans la bouche
Solution injectable Urgence de l’état de mal épileptique, adulte et enfant Réservée à l’urgence, sous surveillance de la respiration

Les gouttes ne sont donc pas une version « douce » du comprimé. Le flacon de 20 ml compte 500 gouttes, selon Vidal, mais ce chiffre ne dit pas combien en prendre.

Quant à la dose maximale par jour, le résumé officiel ne donne pas de dose maximale chiffrée. Il rapporte la dose d’entretien au poids, et demande de partir de la dose efficace la plus faible, atteinte progressivement.

Cette dose se fixe avec le médecin. Elle doit être réduite en cas de maladie légère à modérée des reins ou du foie, et chez la personne âgée, selon le résumé.

Quels sont les effets secondaires du Rivotril ?

Le résumé officiel cite surtout la somnolence, la baisse de la concentration, les réactions ralenties, les vertiges et la faiblesse musculaire. Ils sont à surveiller en début de traitement.

Le traitement au long cours ou à doses élevées peut aussi entraîner des troubles de la coordination et de la marche, appelés ataxie, et des troubles de la vision. Ces troubles sont réversibles, précise le résumé.

Une amnésie antérograde, un oubli de ce qui suit la prise, peut survenir dès les doses prescrites. Elle peut s’accompagner d’un comportement inapproprié.

Une dépression peut se produire sous Rivotril. Des idées et des comportements suicidaires ont aussi été rapportés avec les antiépileptiques.

Prévenez votre médecin si vous avez déjà eu une dépression ou fait une tentative de suicide. Si de telles idées apparaissent, appelez le 15 ou le 3114, numéro national de prévention du suicide.

Chez le nourrisson et le jeune enfant, le clonazépam peut augmenter la salive et les sécrétions des bronches. Des réactions allergiques sont possibles, avec de très rares cas d’anaphylaxie (réaction allergique généralisée) ou d’œdème de Quincke, un gonflement brusque du visage avec sensation d’étouffement : appelez le 15.

Chez la personne âgée, la sédation et le relâchement musculaire favorisent les chutes, avec des conséquences souvent graves, selon le résumé.

La prise de poids n’apparaît pas parmi les effets indésirables listés par la notice. Si votre poids change, signalez-le à votre médecin.

Le Rivotril rend-il dépendant, et peut-on l’arrêter seul ?

Oui, la dépendance peut survenir aux doses prescrites, et il ne faut jamais arrêter d’un coup. Le risque augmente avec la dose et la durée du traitement, selon le résumé officiel.

Il est plus élevé après une dépendance passée à l’alcool, aux drogues ou aux médicaments, et ces antécédents contre-indiquent les comprimés et les gouttes. Des cas d’abus ont été rapportés notamment chez des personnes qui abusaient déjà de plusieurs autres médicaments.

L’arrêt brutal peut provoquer un syndrome de sevrage. Il apparaît en quelques heures ou en quelques jours, avec une forte anxiété, des insomnies, des douleurs musculaires et de l’irritabilité.

Les crises épileptiques font partie des symptômes de sevrage décrits. Chez une personne épileptique, l’arrêt brutal expose à un état de mal épileptique, une crise qui se prolonge.

La réduction se fait donc progressivement, même après un traitement court, selon le résumé officiel. Le rythme se décide avec votre médecin.

Si l’arrêt vous inquiète, appelez-le rapidement, sans attendre la prochaine ordonnance. En cas de crise, de confusion ou de malaise, appelez le 15.

Qui ne doit pas prendre de Rivotril, et avec quoi ne pas l’associer ?

Il est contre-indiqué en cas d’insuffisance respiratoire sévère, d’apnée du sommeil, d’insuffisance hépatique sévère ou de myasthénie, une maladie qui épuise les muscles. L’allergie au clonazépam ou aux benzodiazépines l’exclut aussi.

Pour les comprimés et les gouttes, un antécédent d’abus ou de dépendance aux médicaments, aux drogues ou à l’alcool est aussi une contre-indication.

L’alcool est formellement déconseillé. Il majore l’effet sédatif des benzodiazépines, et le résumé demande aussi d’éviter les médicaments qui en contiennent.

D’autres médicaments sédatifs renforcent la somnolence : dérivés morphiniques, neuroleptiques, autres anxiolytiques, hypnotiques ou antihistaminiques sédatifs, par exemple. Avec la buprénorphine, utilisée en traitement de substitution, le risque de dépression respiratoire peut être fatal.

Avec d’autres antiépileptiques, comme la carbamazépine ou la phénytoïne, les doses peuvent changer : le médecin surveille le traitement. La clozapine, un neuroleptique, majore le risque de malaise grave avec arrêt respiratoire ou cardiaque.

La grossesse demande un avis médical : l’utilisation du clonazépam est déconseillée quel qu’en soit le terme, et l’allaitement l’est aussi, par mesure de prudence, selon le résumé. Parlez-en à votre médecin dès que vous y pensez.

Le comprimé contient du lactose. Il est déconseillé en cas d’intolérance au galactose ou de déficit en lactase, des maladies héréditaires rares.

Pour les anxiolytiques voisins, voir Lexomil et Seresta. Tous les médicaments pour dormir sont réunis dans le hub Médicaments.

Questions fréquentes

Le Rivotril est-il un antidépresseur ?

Non, il appartient à la classe des antiépileptiques, avec le code ATC N03AE01. Son résumé officiel rappelle que les benzodiazépines ne doivent pas être prescrites seules en cas de dépression, car elles laissent la dépression évoluer.

Le Rivotril calme-t-il les douleurs neuropathiques ?

Les douleurs neuropathiques ne figurent pas dans les indications des résumés officiels du Rivotril, qui citent l’épilepsie. Si on vous l’a prescrit pour cela, c’est hors AMM : n’arrêtez pas seul et demandez à votre médecin de faire le point.

Combien de gouttes contient un flacon de Rivotril ?

Le flacon de 20 ml contient 500 gouttes, selon la fiche Vidal. Le nombre de gouttes à prendre ne s’en déduit pas : il dépend de l’âge, du poids et de la sensibilité, et c’est le médecin qui le fixe.

Quelle est la dose maximale de Rivotril par jour ?

Elle se fixe avec le médecin. Le résumé officiel demande de partir de la dose efficace la plus faible, atteinte progressivement, sans dépasser la dose maximale, que le résumé ne chiffre pas en milligrammes par jour.

Quel est l’autre nom du Rivotril ?

Rivotril est le nom de marque. La substance active, qui figure sur la boîte, s’appelle le clonazépam.

Combien coûte le Rivotril ?

La boîte de 28 comprimés de 2 mg coûte 2,47 €, honoraire de la pharmacie compris, et le flacon de gouttes 2,55 €. Ils sont remboursés à 65 %, selon la base publique des médicaments consultée le 04/11/2026.

Peut-on prendre du Rivotril avec de l’alcool ?

Non. L’alcool est formellement déconseillé pendant le traitement : il majore l’effet sédatif du Rivotril, selon son résumé officiel.

Le Rivotril est-il une drogue ?

C’est un médicament, qui expose à la dépendance même aux doses prescrites. Des cas d’abus ont été rapportés et des mesures visent à limiter son détournement, d’où, pour les formes orales, une ordonnance sécurisée et une durée limitée.

La rédaction Somnologie, mis à jour le 4 novembre 2026

Cette page informe, elle ne remplace pas une consultation. Si le trouble dure ou gêne vos journées, parlez-en à votre médecin.

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