Symptômes de l’apnée du sommeil : les signes de nuit et de jour
Les signes de nuit et de jour, ce qui change chez la femme et chez l’enfant, comment le diagnostic se confirme, et quand en parler à un médecin.

L'essentiel
La nuit : ronflements forts, pauses respiratoires vues par l’entourage, réveils en suffoquant. Le jour : somnolence, maux de tête au réveil. Un ou plusieurs de ces signes justifient de consulter le médecin traitant.
Sommaire 8 parties
- Quels signes de l’apnée du sommeil voit-on la nuit ?
- Quels signes de l’apnée du sommeil voit-on le jour ?
- Les symptômes sont-ils différents chez la femme et pendant la grossesse ?
- Comment savoir si l’on a une apnée du sommeil ?
- Qu’est-ce que l’apnée du sommeil, et d’où vient-elle ?
- Un enfant ou un adolescent peut-il avoir une apnée du sommeil ?
- Quelles conséquences sur le cœur et la santé ?
- Quand consulter, et qui voir ?
L’inquiétude monte quand l’entourage dit « tu t’arrêtes de respirer la nuit ». Les symptômes de l’apnée du sommeil se voient la nuit comme le jour, et ils se reconnaissent mieux quand on sait quoi chercher.
Une apnée est une pause de la respiration pendant le sommeil, une hypopnée une simple baisse du débit d’air. Le trouble s’appelle syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil, SAHOS en abrégé.
Quels signes de l’apnée du sommeil voit-on la nuit ?
Les signes de nuit sont un ronflement fort, des pauses respiratoires, des réveils en suffoquant et un sommeil agité. Plusieurs sont vus ou entendus par l’entourage.
- Un ronflement sévère, qui gêne souvent les proches : Ameli le constate dans 95 % des cas d’apnée.
- Des pauses ou des arrêts de la respiration, vus par l’entourage, selon Ameli.
- Des reprises bruyantes, avec halètement, suffocation ou réveil en sursaut en reniflant, d’après le Manuel MSD.
- Un sommeil agité et un besoin accru d’uriner la nuit (nycturie), selon l’Inserm.
Tout ronfleur n’a pas une apnée. Selon le Manuel MSD, peu de personnes qui ronflent en ont une, mais la plupart des personnes apnéiques ronflent.
La page sur le ronflement explique d’où vient le bruit et à partir de quand il doit alerter.
Quels signes de l’apnée du sommeil voit-on le jour ?
De jour, l’apnée se manifeste surtout par une somnolence, parfois avec des maux de tête au réveil. Elle perturbe le sommeil toute la nuit, et la journée en garde la trace.
Ameli décrit aussi des difficultés à se concentrer et à mémoriser, une humeur dépressive et une certaine irritabilité. Les maux de tête surviennent surtout le matin.
Le Manuel MSD note, chez certains patients, un mal de gorge ou une bouche sèche au réveil. Chez une personne qui vit seule, la somnolence peut être le symptôme le plus visible.
Les symptômes sont-ils différents chez la femme et pendant la grossesse ?
Chez la femme, l’apnée du sommeil serait plus souvent passée inaperçue, d’après l’Inserm. Quand elles vivent en couple, leur partenaire repérerait et signalerait moins souvent les ronflements et les pauses, et leurs symptômes seraient souvent moins bien perçus, y compris par elles-mêmes.
Le trouble est deux fois plus fréquent chez les hommes, mais cet écart devient non significatif après la ménopause, selon l’Inserm. Le Manuel MSD range la ménopause parmi les facteurs de risque.
Chez la femme comme chez l’homme, une fatigue qui persiste mérite d’être évoquée avec le médecin, avec les signes de nuit.
Pour la grossesse, les sources consultées ne décrivent pas de signes propres. Un ronflement qui s’installe se signale à la sage-femme ou au médecin au prochain rendez-vous de suivi. Avec des pauses vues par l’entourage ou une forte somnolence, on consulte rapidement.
Comment savoir si l’on a une apnée du sommeil ?
Seul un enregistrement du sommeil confirme le diagnostic, un questionnaire sert seulement à évaluer le risque. Le Manuel MSD juge les questionnaires trop peu précis pour poser un diagnostic.
Avant la consultation, Ameli propose de mesurer sa somnolence avec l’échelle d’Epworth, un petit questionnaire sur le risque de s’endormir dans la journée. Le médecin fait ensuite préciser les troubles ressentis par la personne ou observés par son entourage.
Il prescrit un examen de la respiration pendant la nuit. La polygraphie ventilatoire enregistre au moins 6 heures le cœur, les mouvements respiratoires et le débit d’air, selon Ameli.
La polysomnographie est plus complète : elle suit aussi le sommeil lui-même et n’est pas prescrite systématiquement. La page sur la polysomnographie détaille le déroulement de cette nuit d’examen.
Ces examens mesurent le nombre de pauses et de baisses du souffle par heure de sommeil, appelé indice d’apnées-hypopnées (IAH). Selon Ameli, l’apnée est sévère à partir de 30 pauses ou baisses du souffle par heure ; le médecin interprète l’indice avec vous. Les seuils et les traitements sont détaillés dans la page sur le traitement de l’apnée du sommeil.
Qu’est-ce que l’apnée du sommeil, et d’où vient-elle ?
C’est un trouble où le dormeur fait des pauses ou des baisses de sa respiration, de quelques secondes chacune. Chez l’adulte, elle vient d’un relâchement des muscles de la gorge, d’après l’Inserm.
Selon le Manuel MSD, un certain degré d’apnée obstructive avec des symptômes touche 8 à 16 % des adultes. Santé.fr cite comme facteurs favorisants le sexe masculin, l’âge au-delà de 65 ans, l’excès de poids, l’alcool ou les somnifères avant le coucher, le tabac et les maladies respiratoires.
Une anomalie anatomique peut aussi être en cause, comme de grosses amygdales. Une forme plus rare, l’apnée centrale, vient du contrôle de la respiration par le cerveau.
Les traitements dépendent de la gravité, et la page dédiée les passe en revue.
Un enfant ou un adolescent peut-il avoir une apnée du sommeil ?
Oui, et un enfant qui ronfle bruyamment la nuit doit voir un médecin. Ameli estime que l’apnée touche près de 2 % des enfants entre deux et six ans.
La nuit, Ameli décrit des pauses suivies d’une inspiration bruyante, des efforts pour respirer, une transpiration anormale, de la bave sur l’oreiller et parfois des vomissements. Le jour, l’enfant est fatigué, a mal à la tête, s’endort facilement, ou au contraire reste agité et maladroit.
Le Manuel MSD ajoute que certains enfants font pipi au lit, et que des problèmes d’apprentissage ou une hyperactivité sont fréquents dans les formes sévères. La somnolence est moins fréquente que chez l’adulte.
Les sources consultées parlent d’enfants et d’adolescents, pas de nourrissons. Pour un bébé qui ronfle ou semble faire des pauses, le pédiatre ou le médecin traitant est le bon interlocuteur.
Quelles conséquences sur le cœur et la santé ?
Non traitée, l’apnée augmente le risque d’hypertension et de maladies du cœur. Le Manuel MSD cite l’hypertension, la fibrillation auriculaire (un trouble du rythme du cœur), l’insuffisance cardiaque et l’accident vasculaire cérébral.
Santé.fr précise que les personnes apnéiques sont plus sujettes aux maladies cardiovasculaires et au diabète de type 2, sans qu’on sache si c’est directement lié aux apnées.
La fatigue du jour compte aussi : l’Inserm évoque un risque accru d’accidents domestiques ou de la route. Il juge ces effets sur la vie quotidienne pour l’essentiel réversibles avec le traitement.
Quand consulter, et qui voir ?
Parlez-en au médecin traitant devant des coupures de respiration ou des étouffements vus par un partenaire, des maux de tête au réveil ou une somnolence le jour. Un ronflement fort signalé par le partenaire, ou une hypertension artérielle, figurent aussi sur la liste du Manuel MSD.
Ces signes justifient un rendez-vous, sans attendre qu’ils s’aggravent. Santé.fr indique que le médecin envoie ensuite vers un centre spécialisé dans l’étude du sommeil.
D’ici là, le Manuel MSD déconseille l’alcool, les somnifères et les antihistaminiques sédatifs aux personnes qui ronflent fort et ont souvent un sentiment d’étouffement. Un médicament déjà prescrit ne s’arrête pas sans l’avis du médecin. Le Manuel MSD note aussi qu’une somnolence excessive expose à des accidents de la route : signalez-la, surtout si vous conduisez.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’apnée centrale du sommeil ?
C’est une apnée due à un problème de commande de la respiration dans le tronc cérébral, selon le Manuel MSD. Le ronflement y est moins net, avec des pauses ou une respiration plus lente et moins profonde.
Comment voir si on a l’apnée du sommeil ?
On ne peut pas le voir seul : les signes orientent, l’enregistrement du sommeil confirme. Un questionnaire de somnolence aide à évaluer le risque avant la consultation, sans poser le diagnostic.
Pourquoi une personne fait-elle de l’apnée du sommeil ?
Les muscles de la gorge se relâchent et l’air passe mal, d’après l’Inserm. L’excès de poids, l’âge, l’alcool ou les somnifères avant le coucher, le tabac et le sexe masculin favorisent ce trouble, selon Santé.fr.
Quelles sont les conséquences de l’apnée du sommeil sur le cœur ?
Non traitée, elle augmente le risque d’hypertension, de troubles du rythme et d’insuffisance cardiaque, selon le Manuel MSD. Le médecin évalue ce risque avec vous et propose le traitement adapté.
Quelles sont les conséquences d’une apnée du sommeil sévère ?
Fatigue, somnolence, troubles de la concentration, risque d’accidents et, à long terme, risque cardiovasculaire plus élevé, selon l’Inserm. Le traitement de référence, la ventilation en pression positive continue (PPC), améliore en général la qualité de vie en quelques semaines, selon l’Inserm. Une apnée est dite sévère à partir de 30 pauses ou baisses du souffle par heure de sommeil, d’après Ameli.
Est-ce que l’apnée du sommeil peut donner des douleurs ?
Les sources consultées citent surtout des maux de tête au réveil. Le Manuel MSD ajoute, chez certains patients, un mal de gorge et une bouche sèche le matin.
Comment soigner l’apnée du sommeil chez un enfant ?
Selon Ameli, le traitement consiste d’abord à retirer les amygdales et les végétations, ou à corriger une anomalie par orthopédie dento-faciale. Le médecin choisit selon la cause.
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