Relaxation musculaire progressive (Jacobson) : la séance au lit, groupe par groupe
Qui était Jacobson, comment se déroule une séance au lit, ce que disent les études sur le sommeil et l’anxiété, et dans quels cas s’abstenir.

En bref
- Durée
- 8 groupes de muscles à 5 s de contraction et 15 s de détente, soit environ 5 minutes avec l’installation et la fin
- Matériel
- Un lit et un oreiller
- Moment
- Au coucher, ou en journée pour défaire une tension
- À savoir
- Douleur, blessure, tendinite, épilepsie, traumatisme ou trouble psychique : lisez les précautions de la dernière section avant de commencer
L'essentiel
La relaxation musculaire progressive de Jacobson consiste à contracter un groupe de muscles quelques secondes, puis à le relâcher complètement, en parcourant le corps. Helsana indique qu’on ressent ainsi la détente plus intensément.
Sommaire 9 parties
- Pas à pas
- Qui est Jacobson, et que fait cette relaxation ?
- Comment faire la séance au lit ?
- Combien de temps dure une séance ?
- Que disent les études sur le sommeil et l’anxiété ?
- La relaxation remplace-t-elle la prise en charge de l’insomnie ?
- Jacobson ou Schultz : quelle différence ?
- Et si la tension vient de l’anxiété ?
- Quand ne pas forcer, ou s’abstenir ?
Pas à pas
S’installer1 min
Allongez-vous sur le dos, la tête calée sur l’oreiller, les bras le long du corps. Contractez à intensité modérée, jamais jusqu’à la douleur, et respirez calmement sans bloquer le souffle.
Compter et choisir le nombre de passages
Comptez dans votre tête, lentement, jusqu’à 5 pour la contraction, puis jusqu’à 15 pour la détente. Un passage suffit ; un second tour est possible.
Si une zone fait mal
En cas de douleur ou de blessure, ne contractez pas la zone : imaginez simplement la détente, puis passez au groupe suivant. En cas de tendinite ou d’inflammation musculaire, Helsana déconseille la méthode : demandez conseil à votre médecin.
Les pieds20 s
Recroquevillez les orteils et serrez doucement pendant 5 secondes, puis relâchez d’un coup et laissez les pieds s’ouvrir vers l’extérieur pendant 15 secondes.
Les mollets20 s
Ramenez doucement les orteils vers le visage pendant 5 secondes, sans forcer : l’avant des jambes se contracte et les mollets s’étirent. Si un mollet commence à crisper, relâchez aussitôt, puis relâchez complètement pendant 15 secondes.
Les cuisses20 s
Pressez l’arrière des genoux contre le lit en serrant modérément les cuisses pendant 5 secondes, puis relâchez tout effort pendant 15 secondes.
Le ventre20 s
Rapprochez doucement le nombril de la colonne en durcissant les abdominaux pendant 5 secondes. Relâchez et laissez la respiration redevenir ample et naturelle pendant 15 secondes.
Les mains20 s
Fermez les poings modérément, sans faire mal aux articulations, pendant 5 secondes. Ouvrez les doigts et laissez la paume s’assouplir pendant 15 secondes.
Les bras20 s
Pliez légèrement les coudes et contractez les biceps pendant 5 secondes. Relâchez les bras de tout leur poids sur le drap pendant 15 secondes.
Les épaules20 s
Haussez les épaules en les tirant doucement vers les oreilles pendant 5 secondes. Relâchez d’un seul coup et sentez la nuque s’allonger pendant 15 secondes.
Le visage20 s
Plissez doucement le front et serrez légèrement les lèvres pendant 5 secondes. Relâchez le front et les lèvres, laissez la mâchoire se détendre et les dents se desserrer pendant 15 secondes.
Laisser venir1 min
Sentez le corps entier reposer sur le lit, lourd et détendu. Ne cherchez pas à dormir : laissez le sommeil venir à son rythme.
La relaxation musculaire progressive consiste à tendre puis relâcher chaque groupe de muscles. Selon Helsana, un assureur santé suisse qui publie un guide sur la méthode, la détente se ressent ensuite de façon plus intense et plus consciente.
Elle se fait allongé·e, sur huit groupes de muscles, sans autre matériel qu’un lit.
Qui est Jacobson, et que fait cette relaxation ?
La méthode est attribuée au médecin américain Edmund Jacobson, qui en a publié les premiers résultats il y a environ un siècle, selon Helsana. Selon Wikipedia, il a commencé en 1929 à publier ses résultats dans le livre Progressive Relaxation.
On l’appelle aussi progressive muscle relaxation ou PMR, et on la trouve sous les noms de relaxation de Jacobson ou de relaxation progressive : c’est la même pratique. Le principe tient en deux temps : tendre un groupe de muscles, puis le relâcher.
Comment faire la séance au lit ?
Les huit groupes se parcourent des pieds au visage. Pour chacun, vous contractez modérément pendant 5 secondes, puis vous relâchez complètement pendant 15 secondes.
Helsana donne des repères voisins : 5 à 7 secondes de contraction, 15 à 20 secondes de détente, et chaque séquence répétée deux fois. Respirez calmement pendant toute la séance, y compris pendant l’effort.
Combien de temps dure une séance ?
Une séance dure environ 5 minutes : 1 minute pour s’installer, huit groupes à 20 secondes (près de 3 minutes), puis 1 minute pour laisser venir le sommeil.
Un second tour, comme le propose Helsana, ajoute près de 3 minutes.
Que disent les études sur le sommeil et l’anxiété ?
Pour l’insomnie qui dure, les recommandations américaines de 2021 suggèrent la relaxation comme thérapie à part entière. Le niveau de preuve est faible, fondé sur 5 études exploitables de qualité limitée.
Le centre américain de santé complémentaire (NCCIH) juge de son côté que ces techniques seules ne paraissent pas particulièrement prometteuses pour le sommeil.
Une revue de 2024 réunit 12 essais et 1 047 personnes atteintes d’un cancer. Ajoutée aux soins courants, la méthode améliore le sommeil et l’anxiété par rapport aux soins seuls, avec une certitude faible pour le sommeil et très faible pour l’anxiété.
Une revue de 2021 porte sur 11 essais de techniques de relaxation chez des femmes enceintes ou venant d’accoucher. Elle juge la méthode préférable comme complément aux soins prénataux, avec des preuves de très faible à faible qualité.
Pour l’anxiété, une revue de 2007 note que des versions abrégées du protocole de Jacobson ont aidé dans le trouble panique et l’anxiété généralisée. Cette revue ne montre pas que le corps se détende réellement pendant la thérapie, même quand les patients se disent moins anxieux.
Ces travaux portent sur des malades ou des périodes particulières. Ils ne disent pas ce que la méthode donne à un adulte en bonne santé qui dort mal de temps en temps.
La relaxation remplace-t-elle la prise en charge de l’insomnie ?
Non. L’Inserm range la relaxation parmi les approches douces, des aides complémentaires pour certains patients. Il écrit que, lorsqu’une prise en charge médicale est nécessaire, les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) doivent être privilégiées.
Ameli précise que cette thérapie comprend l’enseignement de techniques de relaxation, si besoin. Si l’insomnie dure, la page sur la TCC de l’insomnie détaille son déroulé, et celle sur l’insomnie les démarches.
Jacobson ou Schultz : quelle différence ?
Jacobson passe par les muscles. Le training autogène, développé dans les années 1930 par le psychiatre berlinois Johannes Heinrich Schultz, passe par des formules répétées, comme « Mon bras droit est lourd ».
Aucune des sources consultées ne les classe l’une au-dessus de l’autre pour le sommeil.
Choisissez selon ce qui vous convient. La page sur les techniques de relaxation les compare côte à côte.
Et si la tension vient de l’anxiété ?
Santé.fr décrit les techniques de relaxation comme visant à réduire la tension musculaire. Ameli cite d’ailleurs la relaxation, avec les techniques de respiration, parmi les composantes de la thérapie des troubles anxieux.
Pour d’autres gestes du soir, voyez la respiration pour dormir, le scan corporel ou la méditation guidée. Si le stress pèse sur vos nuits, la page sur le stress et le sommeil donne d’autres pistes.
Quand ne pas forcer, ou s’abstenir ?
En cas de douleur ou de blessure, ne forcez pas : imaginez simplement la détente de la zone, sans la contracter. Contractez sans excès, pour éviter les crampes, et ne bloquez pas le souffle.
Helsana déconseille la méthode en cas d’inflammation musculaire ou de tendinite, et recommande de consulter un médecin en cas de maladie psychique.
Le NCCIH juge ces techniques généralement sûres chez les personnes en bonne santé. Certaines rapportent parfois plus d’anxiété, des pensées intrusives ou la peur de perdre le contrôle.
Le NCCIH signale aussi de rares cas où certaines techniques pourraient provoquer ou aggraver des symptômes chez des personnes épileptiques, avec certaines affections psychiatriques ou des antécédents d’abus ou de traumatisme. Dans ces cas, demandez d’abord l’avis de votre médecin, et arrêtez la séance si elle vous angoisse.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la méthode de relaxation de Jacobson ?
C’est une technique qui consiste à contracter un groupe de muscles puis à le relâcher, groupe après groupe. Elle est attribuée au médecin américain Edmund Jacobson, d’où son nom.
Comment réaliser la relaxation de Jacobson ?
Allongé·e sur le dos, on contracte modérément un groupe de muscles pendant 5 secondes, puis on le relâche complètement pendant 15 secondes. On parcourt ainsi les pieds, les mollets, les cuisses, le ventre, les mains, les bras, les épaules et le visage.
Combien de temps dure une séance de relaxation de Jacobson ?
Huit groupes à 20 secondes chacun (5 de contraction, 15 de détente) font près de 3 minutes. Avec l’installation et la fin, comptez environ 5 minutes.
Quelle est la différence entre Jacobson et Schultz ?
Jacobson passe par les muscles : on les contracte puis on les relâche. Le training autogène de Schultz repose sur des formules répétées mentalement, comme « Mon bras droit est lourd ».
La relaxation de Jacobson soigne-t-elle l’insomnie ?
Pas à elle seule de façon démontrée. Les recommandations américaines la suggèrent comme option, avec un niveau de preuve faible, et la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) reste la référence pour l’insomnie qui dure.
L’anxiété peut-elle provoquer des contractures musculaires ?
Les sources consultées pour cette page ne chiffrent pas ce lien. Santé.fr indique que les techniques de relaxation visent à réduire la tension musculaire ; si une douleur dure, parlez-en à votre médecin.
Une séance de relaxation est-elle remboursée ?
Santé.fr indique que les techniques de relaxation ne sont pas prises en charge par l’Assurance maladie, et que certaines mutuelles commencent à les rembourser au moins partiellement. Aucun prix n’est donné par les sources consultées.
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